Observer les plus hautes montagnes du Canada sous l’angle de l’ascension permet d’en saisir toute la mesure : l’histoire des premières tentatives, les noms hérités d’explorateurs, de géologues ou de navires, et la rudesse des grands reliefs du Nord. Dans cet article, nous comparons aussi les expéditions vers ces sommets avec l’ascension du Kilimandjaro, plus haut sommet d’Afrique.
Toutes les montagnes de notre liste canadienne appartiennent aux , eux-mêmes intégrés à la grande chaîne de la . Sur une carte du monde, les monts Saint Elias apparaissent à cheval sur le Canada et l’État américain de l’Alaska.
Concentrons-nous maintenant sur les montagnes situées au Canada. Pour plus de clarté, nous excluons les sommets dont la proéminence est inférieure à 500 mètres par rapport aux reliefs voisins. Sans ce critère, la liste intégrerait des sommets secondaires d’une même montagne, ainsi que d’autres cimes qui se détachent peu dans le paysage.
La plus haute montagne du Canada est le mont Logan. Commençons par lui.
Mont Logan – la plus haute montagne du Canada
La plus haute montagne du Canada est le mont Logan, qui culmine à 5 959 mètres d’altitude. Ce massif imposant, véritable fierté du pays, représente un objectif sérieux pour les alpinistes visant son sommet principal. Nous nous attarderons un peu plus sur son histoire que sur celle des autres montagnes de notre liste.
Quelle est l’altitude du mont Logan au Canada ?
Le mont Logan s’élève à 5 959 mètres. Cette altitude a été déterminée en 1992 par une expédition chargée d’établir précisément la hauteur du mont Logan, jusque-là mal connue. Les scientifiques ont également mesuré son rythme de croissance, estimé à environ 0,5 millimètre par an.
En Amérique du Nord, Logan n’est dépassé que par une seule montagne : , point culminant du continent. Comparé au plus haut sommet d’Afrique, le , Logan le dépasse de seulement 64 mètres.
D’ailleurs, si l’on classait les plus hautes montagnes du monde selon leur plutôt que selon leur altitude absolue, Logan figurerait dans le top 6, derrière l’Everest, l’Aconcagua, le Denali, le Kilimandjaro et le Cristóbal Colón. Nous développons ce sujet dans notre article au titre volontairement provocateur : « L’Everest est-il vraiment la plus haute montagne du monde ? ». La hauteur relative du mont Logan est de 5 250 mètres.
Origine du nom :
La montagne doit son nom à Sir William Logan, géologue canadien fondateur de la Commission géologique du Canada. William Edmond Logan est notamment connu pour avoir réalisé la première carte géologique détaillée du pays, et fut anobli pour ses travaux scientifiques.
Fait intéressant, le super-héros Wolverine, chez Marvel, a reçu le pseudonyme de « Logan » en hommage à la plus haute montagne du Canada. Son créateur, le scénariste Chris Claremont, a fait preuve d’un certain sens de l’ironie en donnant à un super-héros de petite taille le nom du plus haut sommet canadien.
Première ascension du mont Logan :
La première ascension réussie de Logan eut lieu en mai-juin 1925. Menée par Albert MacCarthy, l’expédition dura 65 jours, freinée par le mauvais temps et un terrain difficile. L’équipe affronta des vents violents, une visibilité réduite, des pentes rocheuses abruptes et des glaciers. Certains alpinistes souffrirent de graves gelures, mais l’expédition ne fit heureusement aucune victime.
La difficulté d’atteindre le sommet principal de Logan se mesure aussi au délai qui suivit : la tentative suivante n’eut lieu qu’un quart de siècle plus tard, en 1950.
Gravir le mont Logan aujourd’hui :
Les expéditions au Logan sont considérées comme très exigeantes, en raison de conditions météorologiques sévères et de passages techniques. Plusieurs conditions doivent être remplies pour y participer :
- L’ascension doit avoir lieu entre fin avril et début juillet ; les expéditions hivernales sont interdites.
- Le groupe doit compter au moins 4 alpinistes ; les expéditions en solitaire sont strictement interdites.
- Compte tenu du coût élevé des opérations de secours, les membres de l’expédition doivent disposer d’une assurance couvrant la recherche et le sauvetage.
Chaque année, à peine plus de 30 personnes tentent de gravir le mont Logan. Les expéditions durent généralement environ 3 semaines.
Particularités de la montagne :
Logan n’est pas une montagne isolée, mais un vaste massif comptant de nombreux sommets secondaires au-delà de 5 000 mètres. Sa base s’étend sur plus de 100 kilomètres, ce qui en fait l’un des plus grands massifs de la planète. Plusieurs glaciers majeurs, dont le glacier Hubbard, prennent naissance sur le mont Logan et s’étirent sur 122 kilomètres jusqu’à la baie de Yakutat. Le mont Logan se trouve dans le parc national et réserve de Kluane, qui abrite 17 des 20 plus hauts sommets du Canada.
La montagne possède un large plateau enneigé de plus de 20 kilomètres de long. Dans les années 1960, ce plateau fut le théâtre d’un atterrissage d’avion en haute altitude qui établit un record. Il se situe à environ 5 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. En hiver, les températures de l’air y avoisinent -45 °C.
Ce plateau accueillit également un projet consacré aux effets des conditions de haute altitude sur le corps humain. Le laboratoire le plus élevé du monde à l’époque fut construit sur le plateau de Logan. Menée sur 10 ans, l’étude était dirigée par le médecin Charles Houston, connu pour avoir été le premier à décrire l’œdème pulmonaire de haute altitude (HAPE) et l’œdème cérébral de haute altitude (HACE). Cette recherche sur le mal des montagnes porta le nom très approprié de « Project Logan ».
Mont Saint Elias – 5 489 mètres
Le mont Saint Elias est le deuxième plus haut sommet du Canada. Il apparaît aussi dans une autre de nos listes : les plus hautes montagnes des États-Unis. Dans les deux pays, il occupe la deuxième place. La raison est simple : la montagne se situe exactement sur la frontière entre le Canada et l’État américain de l’Alaska, si bien que son sommet appartient techniquement aux deux nations.
Quelle est l’altitude du mont Saint Elias au Canada ?
Il culmine à 5 489 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Origine du nom :
De nombreuses sources indiquent que la montagne aurait été nommée par l’explorateur et cartographe Vitus Bering lors de sa dernière expédition. Bering, cartographe russe d’origine danoise, a donné son nom à la mer de Béring et au détroit de Béring, qui séparent l’Amérique du Nord de l’Eurasie.
L’explication la plus courante veut que Bering ait aperçu ce sommet remarquable un jour correspondant, selon le calendrier russe, à la fête de saint Élie, et qu’il ait nommé la montagne en conséquence. Le journal d’un membre de l’expédition confirme qu’ils virent le mont Saint Elias pour la première fois le 16 juillet 1741. Une incohérence demeure toutefois : les Russes orthodoxes célébraient alors la fête de saint Élie le 20 juillet.
En réalité, le 20 juillet 1741, l’expédition de Bering atteignit un cap de l’île Kayak, dans l’actuel Alaska, aux États-Unis. Vitus Bering donna à ce cap le nom du prophète biblique. La montagne, elle, resta sans nom. Plus tard, des cartographes remarquèrent que la forme du cap rappelait celle de la montagne, et le mont Saint Elias fut nommé d’après ce cap. Le nom finit ensuite par désigner toute la chaîne de montagnes, qui comprend presque tous les sommets présentés dans cet article.
Première ascension du mont Saint Elias :
La première ascension réussie de cette montagne fut accomplie par le célèbre explorateur et aventurier italien, le prince Luigi Amedeo. Son expédition atteignit le sommet le 31 juillet 1897. Leur objectif était de localiser la légendaire Silent City of Alaska, qui, selon les récits de prospecteurs et d’habitants, se dressait au-dessus d’un glacier de montagne. Il ne s’agissait bien sûr que d’un mirage provoqué par des illusions optiques sur la glace et la neige en haute altitude.
Un détail savoureux illustre le train de vie royal du prince, même dans les conditions les plus rudes : on raconte que ses porteurs transportèrent pour lui un confortable lit en cuivre jusqu’au mont Saint Elias.
Gravir le mont Saint Elias aujourd’hui :
Cette montagne est considérée comme extrêmement difficile. Le climat rude et les glaciers qui couvrent le sommet en font une entreprise sérieuse pour les alpinistes. Seuls les plus expérimentés tentent de la gravir.
Particularités de la montagne :
L’une des caractéristiques les plus remarquables du mont Saint Elias tient à ses glaciers massifs, qui descendent de ses pentes presque jusqu’au niveau de la mer. Cette verticalité le rend particulièrement visible dans la région. Il est donc assez juste que, sans être le plus haut sommet de la chaîne, il lui ait donné son nom.
Dans la langue tlingit, parlée par les populations autochtones, la montagne est d’ailleurs appelée « la grande montagne » ou « la montagne à la tête d’Icy Bay ».
Mont Lucania – 5 240 mètres
La troisième plus haute montagne du Canada est le mont Lucania, lui aussi situé au Yukon, comme les 18 premières montagnes de notre liste.
Quelle est l’altitude du mont Lucania au Canada ?
Il s’élève à 5 240 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Origine du nom :
Le nom « Lucania » possède une histoire singulière. Cette montagne fut baptisée par le même explorateur italien, Luigi Amedeo. Depuis le sommet du mont Saint Elias, il aperçut au loin une autre montagne. Sa silhouette lui aurait rappelé le paquebot à bord duquel il avait traversé l’Atlantique entre l’Europe et l’Amérique du Nord : le luxueux Lucania, le liner le plus rapide de son époque et le premier navire équipé du système de télégraphie sans fil de Marconi.
« Lucania » est le nom historique d’une région du sud de l’Italie, aujourd’hui connue sous le nom de Basilicate. Dans l’Antiquité, la Lucanie était un territoire riche et indépendant, habité par le peuple lucanien. Le prince italien semblait manifestement attaché à ce nom, au point de l’offrir à une montagne. Ainsi, un fragment d’histoire italienne entra dans le présent canadien.
Première ascension du mont Lucania :
Bien qu’il lui ait donné son nom, le prince Luigi Amedeo n’a jamais gravi cette montagne. La première ascension fut réalisée par les alpinistes Bradford Washburn et Robert Bates en 1937.
L’histoire de cette expédition est peu commune. Pour atteindre le glacier de la montagne, les alpinistes firent appel au célèbre pilote américain Robert Reeve. Son monomoteur était équipé de skis, ce qui lui permit de se poser sur le glacier. Il établit alors un record mondial d’atterrissage à la plus haute altitude. Mais l’avion, enfoncé profondément dans la neige détrempée et la gadoue, mit 5 jours à pouvoir redécoller. Reeve qualifiera plus tard ce vol de plus dangereux de sa carrière.
Après avoir résolu le problème de Reeve et libéré l’avion, Washburn et Bates atteignirent le sommet de la montagne, puis redescendirent sans encombre jusqu’au village le plus proche. Pour alléger l’appareil, ils avaient toutefois dû abandonner presque tout leur matériel, y compris leurs appareils photo et instruments de mesure. Pendant 85 ans, l’équipement resta sur les hauteurs du glacier. En 2022, un groupe de skieurs retrouva les anciens appareils photo et d’autres pièces de matériel. En avançant et en fondant, le glacier avait « transporté » les objets abandonnés par Washburn sur 22 kilomètres.
Gravir le mont Lucania aujourd’hui :
Cette montagne est considérée comme de difficulté modérée, mais elle exige de solides compétences d’alpinisme. Même si l’itinéraire vers son sommet est moins fréquenté que ceux de Logan ou du mont Saint Elias, des expéditions au Lucania sont régulièrement entreprises.
Particularités de la montagne :
Lucania ouvre sur des vues saisissantes des glaciers environnants et des sommets voisins. Depuis la troisième plus haute montagne du Canada, les panoramas enneigés méritent pleinement le détour du regard.
Pic King – 5 173 mètres
Le quatrième plus haut sommet du Canada est le pic King, souvent considéré comme un sommet satellite du Logan, bien qu’il soit reconnu comme une montagne distincte. Il se classe au 9e rang des plus hautes montagnes d’Amérique du Nord.
Quelle est l’altitude du pic King au Canada ?
Le pic King culmine à 5 173 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Origine du nom :
Commençons par noter que cette montagne est parfois appelée simplement « Mount King ». Certaines sources indiquent que le pic King aurait été nommé en l’honneur de William King, arpenteur, inspecteur des études géologiques, puis astronome en chef du Canada.
Nous savons toutefois qu’il existe un autre mont King en Colombie-Britannique. Il culmine à 2 868 mètres et porte, lui, sans ambiguïté, le nom de William King. De plus, dans cette même province, un autre sommet s’appelle Kings Peak. Il s’élève à 2 848 mètres et fait partie des Rocheuses canadiennes. Pour les Américains, la confusion est facile : les États-Unis comptent aussi deux Kings Peaks, l’un au Nevada, l’autre en Californie. Tenez bon : l’affaire des noms n’est pas encore terminée.
En Colombie-Britannique, donc, se trouve une montagne nommée Kings Peak. Le pluriel du nom laisse entendre qu’il renvoie à deux « Kings » partis en expédition vers ce sommet, mais il s’agissait de deux King différents. Désolés d’ajouter encore un étage à cette confusion : il existe aussi deux autres Kings Peaks aux États-Unis, l’un dans l’Utah et l’autre dans l’Idaho.
Franchement, nous n’avons pas réussi à démêler entièrement l’histoire du nom de cette majestueuse montagne du Yukon.
Première ascension du pic King :
Le quatrième plus haut sommet du Canada fut gravi relativement tard, en 1952. Ses pentes abruptes expliquent en partie ce délai. Quatre étudiants de l’université d’Alaska, Russell Page, Keith Hart, Elton Thayer et Bill Atwood, atteignirent le sommet le 6 juin. Ils partirent à pied, puis leurs vivres et leur matériel furent largués par avion. Comme on le voit, l’aviation joua un rôle important dans les premières ascensions de ces montagnes canadiennes au relief âpre. L’expédition fut loin d’être simple : certains alpinistes furent blessés, et tous durent affronter une violente tempête.
Gravir le pic King aujourd’hui :
Les pentes raides et irrégulières, ainsi que les conditions météorologiques sévères, continuent de tenir le pic King à l’écart des visiteurs improvisés. Chaque année, seule une poignée d’alpinistes expérimentés tente de le gravir : des profils aguerris, en quête d’un défi réel.
Particularités de la montagne :
Le pic King met l’endurance à l’épreuve, mais il récompense celles et ceux qui atteignent son sommet par de superbes vues sur les reliefs enneigés alentour. Sa forme de pyramide pointue, très reconnaissable, frappe particulièrement le regard et attire de nombreux alpinistes. Souhaitons-leur des ascensions sûres.
Mont Steele – 5 073 mètres
Le mont Steele est le cinquième plus haut sommet du Canada et le dernier à dépasser 5 000 mètres d’altitude.
Quelle est l’altitude du mont Steele ?
Il culmine à 5 073 mètres. Cette valeur n’est toutefois pas précise : il s’agit d’une ancienne mesure non vérifiée, correspondant à la limite supérieure. La limite inférieure est de 5 020 mètres. Les cartes topographiques modernes du Canada indiquent pour le Steele une altitude de 5 020 ± 20 mètres.
Origine du nom :
La montagne porte le nom d’une grande figure de l’histoire canadienne, Sam Steele. Officier issu d’une famille militaire, cavalier courageux, homme de loi au Yukon, il devint ensuite commandant de troupes en Europe, et même en Afrique.
Homme d’honneur, Steele sut gérer avec habileté des questions complexes entre le gouvernement canadien et les peuples autochtones du Nord, en respectant leurs intérêts. Il semble avoir été marqué par les romans de James Fenimore Cooper, qu’il lisait avec passion dans sa jeunesse. La vie lui imposa de nombreux défis, qu’il parut traverser avec une remarquable maîtrise.
Steele dirigea d’abord l’une des unités de la Police à cheval du Nord-Ouest, chargée de maintenir l’ordre le long de la frontière de l’Alaska. Il géra ensuite avec succès l’afflux d’aventuriers et de chercheurs de fortune désespérés pendant la ruée vers l’or du Klondike. Lors de la seconde guerre anglo-boer, il fut envoyé en Afrique du Sud pour accomplir la difficile mission de l’Empire britannique : réprimer les soulèvements. Il participa aussi à la Première Guerre mondiale, à la tête d’unités canadiennes en Europe. Ses brillants états de service lui valurent d’être anobli. Certains épisodes de sa vie apparurent même dans des romans historiques écrits par son fils.
Première ascension du mont Steele :
La première expédition réussie au sommet du mont Steele eut lieu en 1935 sous la direction de Walter Wood. Le groupe comprenait une femme : Foresta, l’épouse de Wood. L’ascension fut difficile en raison de chutes de neige continues, si intenses que l’équipe dut rester de nombreux jours au camp, dans l’attente d’une fenêtre météo favorable.
Lorsque les alpinistes atteignirent enfin le plateau, ils rencontrèrent une neige croûtée et glissante, durcie par les vents balayant les pentes raides. Tout le groupe dut avancer à quatre pattes pour rejoindre le sommet, offrant un spectacle assez cocasse. Comme si la montagne se moquait de ses premiers visiteurs, éprouvant leur résistance autant que leur ingéniosité.
Une fois au sommet, l’équipe fut toutefois récompensée par une belle surprise : une demi-heure de temps calme, sans vent, avec une excellente visibilité.
Gravir le mont Steele aujourd’hui :
Le mont Steele est décrit comme une montagne de difficulté modérée. Des compétences d’alpinisme sont indispensables, notamment pour progresser sur les glaciers. La montagne est moins fréquentée que d’autres sommets des monts Saint Elias, comme le mont Logan ; chaque année, peu d’alpinistes s’y aventurent.
Particularités de la montagne :
Le mont Steele est connu pour ses avalanches et glissements de terrain de grande ampleur, provoqués par le glissement des glaciers et le déplacement de roches, de glace et de neige. Ces phénomènes sont difficiles à prévoir, ce qui ajoute un risque supplémentaire pour les alpinistes qui tentent l’ascension.
Toutes les autres montagnes canadiennes de notre liste ne dépassent pas 5 000 mètres d’altitude absolue ; nous leur consacrerons donc des descriptions plus courtes.
Mont Wood – 4 842 mètres
Le mont Wood est le sixième plus haut sommet du Canada. Il se situe dans les monts Saint Elias, au Yukon.
Altitude : 4 842 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Origine du nom : le mont Wood a été nommé en l’honneur de Zachary Taylor Wood, figure importante de l’histoire canadienne. Officier de cavalerie dans la Police à cheval du Nord-Ouest, Wood joua un rôle essentiel dans le maintien de l’ordre pendant la ruée vers l’or du Klondike à Dawson City, au Yukon. Son commandement contribua à stabiliser la région durant une période de profondes transformations sociales et économiques.
Première ascension : la première ascension réussie du mont Wood eut lieu en 1941, sous la direction de Walter Wood. Fait intéressant, il s’agissait de sa deuxième tentative sur cette montagne portant le même nom que lui ; la première, quelques années plus tôt, avait été contrariée par de mauvaises conditions météorologiques.
Gravir le mont Wood aujourd’hui : l’ascension du mont Wood est considérée comme de difficulté modérée, bien qu’elle soit moins exigeante que celle des sommets plus élevés des monts Saint Elias. Elle demande néanmoins de bonnes compétences d’alpinisme. L’itinéraire est moins fréquenté que d’autres, ce qui limite le nombre de tentatives chaque année.
Mont Vancouver – 4 812 mètres
Le mont Vancouver est la septième plus haute montagne du Canada. À l’échelle de toute l’Amérique du Nord, il se classe 15e.
Altitude : 4 812 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Origine du nom : la montagne a été nommée d’après l’explorateur et navigateur anglais George Vancouver. Son expédition fut l’une des plus importantes pour l’exploration de l’Amérique du Nord. Il établit la première carte précise de la côte ouest du continent, de l’Alaska à la Californie. Pour la première fois, tous les détails de l’actuelle Colombie-Britannique, de l’île de Vancouver et de certaines parties de l’Alaska furent cartographiés grâce à ce voyageur.
Il n’est donc pas étonnant que tant de lieux d’Amérique du Nord portent son nom : deux villes, l’une au Canada et l’autre aux États-Unis, mais aussi une grande île, une baie et une rivière. La septième plus haute montagne du Canada porte également le nom de George Vancouver. À noter que le mont Vancouver, dans les Alpes du Sud de Nouvelle-Zélande, lui doit aussi son nom.
Première ascension : la première expédition à atteindre le sommet eut lieu en 1949. Ses participants étaient William Hainsworth, Alan Bruce-Robertson, Bob McCarter et Noel Odell.
Gravir le mont Vancouver aujourd’hui : l’une des particularités du mont Vancouver est d’être coupé par la frontière entre les États-Unis et le Canada. Le sommet nord, le plus élevé, se trouve au Yukon, tandis que le versant sud appartient à l’Alaska. L’ascension du mont Vancouver est considérée comme difficile en raison des sections glaciaires de l’itinéraire. Des expéditions partent néanmoins encore de temps à autre vers son sommet.
Mont Slaggard – 4 742 mètres
Le mont Slaggard est le huitième plus haut sommet du Canada. Il est souvent présenté comme le moins connu du top 10 des plus hauts sommets canadiens. De fait, les informations disponibles à son sujet sont rares.
Altitude : 4 742 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Première ascension : la première ascension réussie du mont Slaggard fut accomplie en 1959 par un grand groupe d’alpinistes, comprenant au moins 8 personnes, ce qui est inhabituel pour une première ascension. Cette montagne fut l’un des derniers grands sommets glaciaires du Canada à être gravi.
Gravir le mont Slaggard aujourd’hui : le mont Slaggard est peu prisé des alpinistes, principalement en raison de son isolement et de ses conditions météorologiques sévères. La fenêtre de météo favorable est très courte, généralement de mi-juin à mi-septembre.
Mont Fairweather – 4 671 mètres
Le mont Fairweather se situe en partie en Alaska et en partie en Colombie-Britannique, au Canada. C’est le neuvième plus haut sommet du pays.
Altitude : 4 671 mètres au-dessus du niveau de la mer. En raison de sa proximité avec l’océan Pacifique, cette altitude impressionnante en fait l’une des plus hautes montagnes côtières du monde.
Origine du nom : le mont Fairweather fut nommé par le célèbre explorateur, le capitaine James Cook, lors de son troisième voyage autour du monde en 1778. Alors que l’expédition de Cook approchait de la côte nord-américaine, elle rencontra une violente tempête qui endommagea sérieusement les navires. Après les réparations, le capitaine Cook fut si satisfait du temps inhabituellement clément au moment d’apercevoir la montagne qu’il la nomma « Fairweather ». L’ironie veut toutefois que la météo de cette région soit généralement mauvaise, avec des tempêtes fréquentes et de fortes précipitations.
Première ascension : plusieurs groupes tentèrent de gravir le mont Fairweather au fil des années, mais la réussite arriva en 1931 avec les alpinistes américains Allen Carpe et Terris Moore. C’était la deuxième tentative de Carpe, la première ayant échoué en raison du terrain difficile. L’ascension, commencée le 17 avril et achevée le 7 juin, fut sans cesse retardée par les tempêtes et les chutes de neige, donnant au nom de la montagne des allures de plaisanterie cruelle.
Mont Hubbard – 4 557 mètres
Le mont Hubbard complète notre top 10 des plus hautes montagnes du Canada. Situé à la frontière entre le Yukon et l’Alaska, il est le dixième plus haut sommet du pays.
Altitude : 4 557 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Origine du nom : la montagne porte le nom de Gardiner Greene Hubbard, fondateur et premier président de la National Geographic Society. Hubbard était un avocat et homme d’affaires prospère, animé par un vif intérêt pour les avancées scientifiques. Sa réussite financière lui permit de soutenir de nombreux projets, notamment ceux de la National Geographic Society, aujourd’hui connue et appréciée dans le monde entier.
Hubbard joua également un rôle essentiel dans la création de la revue scientifique Science et finança les expériences de son gendre, l’inventeur Alexander Graham Bell. En somme, Hubbard fut l’entrepreneur qui contribua non seulement à l’invention du téléphone, mais aussi à sa diffusion dans le monde.
Dans le fil de notre récit, Gardiner Hubbard finança une grande expédition dirigée par le géologue Israel Russell. Celui-ci proposa de donner à cette montagne jusque-là sans nom celui de son bienfaiteur, Hubbard. Un hommage approprié à un homme dont la contribution à la science et à l’exploration fut considérable.
Première ascension : la première ascension réussie du mont Hubbard fut réalisée le 26 juillet 1951 par une expédition menée par Walter Wood.
Les 8 montagnes suivantes parmi les plus hautes du Canada appartiennent elles aussi aux monts Saint Elias :
- Mont Walsh – 4 507 mètres
- Mont Alverstone – 4 420 mètres
- Mont MacArthur – 4 344 mètres
- Mont Augusta – 4 289 mètres
- Mont Strickland – 4 260 mètres
- Mont Avalanche – 4 228 mètres
- Mont Cook – 4 194 mètres
- Mont Craig – 4 040 mètres
Seule la 19e montagne de notre liste appartient à un autre système montagneux : les chaînes Côtières. Le point culminant de cet ensemble est le mont Waddington, qui s’élève à 4 019 mètres au-dessus du niveau de la mer. Viennent ensuite des montagnes de moins de 4 000 mètres ; nous nous arrêterons donc là.
Comme on le voit, les 10 plus hautes montagnes du Canada sont comparables en altitude aux 10 plus hautes montagnes d’Afrique. Le plus haut sommet africain, le Kilimandjaro coiffé de neige, n’est dépassé que par un seul sommet canadien : le mont Logan. En revanche, pour la fréquentation des alpinistes, l’ensemble des grands sommets canadiens reste très loin derrière le Kilimandjaro. Chaque année, seules quelques personnes, parfois quelques dizaines, tentent de gravir chacun des principaux sommets du Canada, tandis que plus de 50 000 personnes gravissent le Kilimandjaro.
Si vous souhaitez participer à une expédition vers le « toit de l’Afrique » et voir de vos propres yeux la neige sur l’équateur, rejoignez l’une de nos expéditions en groupe sur le Kilimandjaro, organisées régulièrement. Gravir le Kilimandjaro est bien plus accessible que s’attaquer aux sommets canadiens, et nettement moins coûteux.
Pour approfondir le sujet des montagnes, nous vous recommandons quelques autres sélections du blog Altezza Travel. Vous pouvez lire notre article sur les sommets de la liste des Seven Summits, découvrir quelles montagnes de notre planète sont les plus anciennes dans « Les 10 plus anciennes montagnes du monde », ou parcourir notre liste des montagnes les plus dangereuses à gravir sur Terre, responsables de la mort de nombreux alpinistes intrépides. Nous espérons que rien de tel ne vous arrivera.
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