Voir des millions d'animaux traverser les vastes plaines d'Afrique de l'Est compte parmi les grands spectacles naturels de la planète. C'est la grande migration des gnous, le plus vaste déplacement d'animaux terrestres au monde. Près de 2 millions de gnous, de zèbres et de gazelles parcourent l'écosystème Serengeti-Mara dans un cycle sans fin. Dans ce guide détaillé d'Altezza Travel, nous expliquons où et quand observer ce phénomène naturel saisissant.
Où a lieu la grande migration des gnous ?
La grande migration des gnous se déroule en Afrique de l'Est, plus précisément dans l'écosystème Serengeti-Mara, le plus ancien et le dernier de ce type encore présent sur la planète. Il s'étend du nord de la Tanzanie au sud du Kenya et englobe des réserves autochtones ainsi que des zones protégées pour la faune sauvage, comme le parc national du Serengeti, l'aire de conservation du Ngorongoro et, côté kényan, la réserve du Maasai Mara. La majeure partie de la grande migration des gnous se déroule dans le parc national du Serengeti, en Tanzanie.
Cet écosystème couvre environ 40 000 kilomètres carrés et abrite plusieurs millions d'animaux, dont des gnous, des gazelles de Thomson, des zèbres, des buffles, des girafes, des éléphants, des hippopotames, des lions, des léopards, des guépards, des hyènes et bien d'autres espèces. Cette richesse tient à la diversité des milieux : lacs, rivières, marais, prairies et forêts composent une mosaïque d'habitats.
L'écosystème offre un modèle vivant des interactions complexes entre la faune sauvage et son environnement, révélant le cycle de la vie dans toute sa grandeur et sa dureté. La sécheresse pousse les mammifères à quitter leurs territoires, les fronts d'orage les guident vers l'herbe fraîche et l'eau, tandis que les plaines verdoyantes offrent des conditions idéales pour la naissance des petits. Mais ces jeunes, encore vulnérables, deviennent aussi des proies pour les prédateurs et les charognards.
À quels mois observe-t-on la grande migration des gnous ?
La migration des gnous du Serengeti est à la fois quête de vie et fuite devant la mort : un cycle perpétuel, au sens le plus concret du terme. Les troupeaux de gnous se déplacent dans le sens des aiguilles d'une montre le long des frontières du Serengeti-Mara, pendant les 12 mois de l'année.
La grande migration mois par mois
L'UNESCO décrit la grande migration comme l'un des « événements naturels les plus impressionnants » de la planète, perceptible même depuis l'espace. Son ampleur est saisissante : environ 2 millions de gnous et des centaines de milliers de gazelles et de zèbres se rassemblent en troupeaux pour traverser les plaines africaines, sur une distance totale de 800 à 1 000 kilomètres. Cette immense traversée n'a ni véritable début ni véritable fin, seulement des naissances et des morts. C'est selon cette logique que nous présentons ici l'itinéraire de la migration.
La grande migration des gnous en janvier / février / mars
Au début de l'année, les troupeaux d'ongulés arrivent dans les plaines du sud du Serengeti, le long de la limite orientale du parc national, près du Ngorongoro. Les pluies sont alors terminées et les plaines se couvrent d'une herbe neuve et dense. Cette météo favorable crée des conditions idéales pour la saison des naissances. En 2 mois, environ 400 000 petits voient le jour et deviennent aussitôt des cibles pour les prédateurs.
Avril / mai
Les gnous migrent vers le nord-ouest en direction du centre du Serengeti, étirés sur plusieurs dizaines de kilomètres. Leur destination est le Western Corridor, où les attend leur premier obstacle majeur : la rivière Grumeti, où vivent de nombreux crocodiles.
Juin / juillet
Au début de la saison sèche, de grands troupeaux se rassemblent sur les berges sud de la Grumeti. Ils peuvent y rester jusqu'à 2 semaines avant de tenter la traversée spectaculaire de la rivière, à laquelle beaucoup ne survivront pas. Une fois passés sur l'autre rive, les troupeaux poursuivent vers le nord et approchent de la rivière Mara. Cette étape est la plus intense et la plus périlleuse, souvent considérée comme le point culminant de la migration. Des milliers d'animaux succombent aux courants puissants, à la panique collective, aux crocodiles et aux grands fauves postés de part et d'autre.
Août / septembre / octobre
Certains animaux évitent la rivière Mara et restent dans le nord du Serengeti, tandis que d'autres passent au Kenya, dans le Maasai Mara. Les colonnes migratoires obliquent ensuite vers l'est, puis finissent par redescendre vers le sud en traversant de nouveau la Mara.
Novembre / décembre
Après les courtes pluies de septembre à novembre, les troupeaux reviennent en Tanzanie, longeant la limite orientale du Serengeti en direction du Ngorongoro. À la fin de l'année, les plaines foisonnent de faune sauvage, et le cycle recommence.
Quelle est la meilleure période pour voir la grande migration ?
La meilleure période pour observer la grande migration des gnous dépend de ce que vous recherchez. Les moments les plus emblématiques et les plus spectaculaires se produisent de fin juillet à début septembre, lorsque les troupeaux traversent la rivière Mara vers le Kenya, ou en janvier et février à Ndutu, quand la saison des naissances se déploie sur les plaines verdoyantes. Ces périodes révèlent certains des plus grands spectacles de la nature, mais ce sont aussi les plus fréquentées. Environ 90 % des visiteurs choisissent ces mois-là. Vous verrez donc très probablement la migration, mais vous croiserez aussi de nombreux véhicules. Nous faisons le maximum pour vous ménager une approche plus privée, mais la solitude complète est presque impossible à garantir.
Pour une observation plus tranquille, la région de Grumeti en mai ou juin mérite d'être envisagée, lorsque les troupeaux progressent dans le Western Corridor. Le mois de mai peut apporter quelques pluies, mais la fréquentation y reste nettement plus faible : une belle option pour celles et ceux qui recherchent une certaine intimité lors d'un safari consacré à la grande migration dans le Serengeti.
Carte de la grande migration des gnous
La migration des gnous du Serengeti menacée
Le professeur de biologie T. Michael Anderson, de Wake Forest University, a comparé l'écosystème Serengeti-Mara à une machine à remonter le temps. Il nous donne un aperçu des écosystèmes de pâturage disparus de la Terre. Des paysages semblables, en Amérique, en Australie et en Eurasie, étaient autrefois parcourus par une mégafaune abondante, aujourd'hui disparue.
L'Afrique risque de rejoindre cette liste. L'expansion humaine représente pour les animaux un danger bien plus grand que des milliers de prédateurs. Elle comprend l'augmentation des populations autochtones et l'extension de leurs terres agricoles en périphérie des zones protégées. Les pâturages destinés au bétail sont clôturés, des routes sont construites entre les villages. Cela perturbe les itinéraires migratoires des animaux sauvages et les prive d'accès à la nourriture comme aux points d'eau. À la suite de telles interférences, l'une des plus grandes migrations de gnous du continent a disparu au Botswana. Pendant les fortes sécheresses de 1979 à 1985, des centaines de milliers d'animaux sont morts, incapables d'atteindre la rivière Boteti.
En 2017, un groupe de scientifiques dirigé par la professeure associée Mette Løvschal, de l'université d'Aarhus au Danemark, a montré que, ces dernières années, le nombre de barrières artificielles pour les animaux dans la région du Greater Mara, au Kenya, avait augmenté de 20 %. Ce chiffre continue de progresser.
Deux ans plus tard, en 2019, une équipe internationale de scientifiques a souligné le problème à l'échelle du Serengeti-Mara. La croissance humaine et celle du bétail dans les régions limitrophes réduisent rapidement l'espace disponible pour la migration, avec un risque d'effondrement du cycle.
Ce n'est pas tout. Une étude récente menée par des biologistes de l'université de Copenhague a montré que la perturbation des itinéraires migratoires affecte négativement la génétique des gnous. À long terme, cela pourrait réduire leur fertilité et leur capacité d'adaptation aux changements extérieurs, notamment climatiques. La survie de l'espèce dans son ensemble pourrait alors être menacée.
Les scientifiques s'accordent à dire que le point de non-retour n'a pas encore été atteint. Mais les efforts de conservation sont urgents. De nouvelles stratégies sont nécessaires pour gérer les zones frontalières du Serengeti-Mara, peut-être en associant les communautés autochtones aux actions de protection. Sans intervention, la grande migration pourrait bientôt appartenir au passé.
Préserver la grande migration des gnous
Clôturer les aires protégées et restreindre les communautés autochtones, comme les Maasaï, n'est pas une solution. Ces terres relèvent de leurs droits ancestraux, et leur culture pastorale fait partie intégrante de leur mode de vie. Par ailleurs, le tourisme génère des revenus importants pour la Tanzanie et le Kenya, finançant les communautés locales et des initiatives environnementales comme la lutte contre le braconnage et la protection des espèces menacées.
La rencontre directe joue un rôle essentiel : apprendre à connaître la faune sauvage de la savane peut marquer bien plus profondément qu'une douzaine de discours prononcés lors d'un forum environnemental.
Un safari en Tanzanie consacré à la grande migration des gnous permet d'approcher cet événement dans toute son ampleur, au plus près des grands animaux africains dans leur habitat naturel.
Tous les contenus d’Altezza Travel sont rédigés à partir d’analyses expertes et de recherches approfondies, conformément à notre Politique éditoriale.
Vous souhaitez en savoir plus sur les voyages d’aventure en Tanzanie ?
Contactez notre équipe ! Nous connaissons les plus belles destinations de Tanzanie. Nos conseillers voyage basés près du Kilimandjaro sont prêts à partager leurs conseils et à vous aider à préparer votre voyage.
