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Freddie Mercury Museum à Zanzibar

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Temps de lecture : 10 min.
À propos de la Tanzanie À propos de la Tanzanie

Au-delà d’un séjour balnéaire remarquable, Officiellement, Zanzibar est un archipel de 75 îles. Le nom désigne aussi une entité politique et administrative, région semi-autonome de Tanzanie, ainsi que la capitale de l’État autonome. La plus grande île porte officiellement le nom d’Unguja, mais elle est couramment appelée « Zanzibar », en Tanzanie comme dans les pays anglophones. Par souci de simplicité, nous désignerons également cette célèbre destination touristique par le seul nom de « Zanzibar ». (Tanzanie) réserve aux voyageurs de passage à Stone Town plusieurs musées intéressants, dont le Freddie Mercury Museum. Zanzibar est l’île d’enfance de l’icône du rock, et le musée occupe la maison où le chanteur de Queen a grandi. Ce petit musée chaleureux rassemble des objets qui racontent les premières années de Freddie Mercury, dans un lieu encore traversé par l’énergie du chanteur.

Freddie Mercury House, Stone Town, Zanzibar

Dans une rue proche de la Poste, au cœur de la vieille Stone Town de Zanzibar, un passant peut remarquer un bâtiment lumineux de 3 étages. Des visiteurs s’y arrêtent parfois pour photographier sa belle façade ou poser devant la porte sculptée. En s’approchant, on aperçoit pourtant une enseigne portant l’inscription « Freddie Mercury Museum Zanzibar », accompagnée d’une silhouette immédiatement reconnaissable : un homme campé jambes écartées, une main tenant le pied de micro, l’autre poing levé ; la posture devenue iconique du chanteur de Queen, Freddie Mercury.

Les affiches qui décorent les fenêtres montrent un homme séduisant à l’épaisse moustache : Freddie Mercury lui-même, légende du rock dont la renommée n’a rien perdu de son éclat, même plusieurs décennies après sa disparition. Son parcours permet de comprendre, très simplement, pourquoi certaines personnalités deviennent des stars. Comme pour prolonger cette idée, une citation du chanteur de Queen s’affiche sous vos yeux : « Je ne vais pas devenir une star, je vais devenir une légende. »

Freddie Mercury est sans doute le natif de Zanzibar le plus célèbre au monde. La collection du musée réunit des photographies originales offertes par sa famille et ses proches, ainsi que d’autres pièces envoyées directement du Royaume-Uni par Queen Productions Ltd. La musique de Queen y résonne en permanence, et la voix de Freddie accompagne la visite. L’atmosphère vous entraîne dans l’univers du Great Pretender, pour qui Zanzibar comme la Grande-Bretagne semblaient trop étroits, et qui finit par créer son propre monde à travers la musique.

Le bâtiment du musée possède lui aussi une valeur historique pour les admirateurs de Queen. Freddie Mercury y vécut jusqu’au départ de sa famille, les Bulsara, au moment de la En janvier 1964, un mois après avoir obtenu son indépendance du Royaume-Uni tout en demeurant un sultanat, Zanzibar se souleva contre l’autorité du sultan arabe. En quelques heures, les rebelles prirent le contrôle des principaux sites de la capitale. Le sultan et sa famille, ainsi que des membres du gouvernement, parvinrent à s’enfuir. Des émeutes et des massacres visant les populations arabes, indiennes et européennes suivirent dans les îles de l’archipel de Zanzibar. De nombreuses personnes, dont la famille Bulsara, durent quitter Zanzibar. Les marches et les murs de la maison gardent encore le souvenir de ce garçon espiègle, plus tard reconnu et aimé dans le monde entier. Aujourd’hui, depuis ces murs mêmes, photographies et témoignages racontent l’époque et le lieu où naquit la star.

Quand Freddie Mercury s’appelait Farrokh Bulsara

Le Freddie Mercury Museum n’existe que depuis quelques années. Ses créateurs ont été inspirés par le succès du film « Bohemian Rhapsody ». L’objectif principal du musée était de raconter où et comment la personnalité de Freddie Mercury s’est construite. L’espace disponible ne permettait pas de présenter l’ensemble des archives ni de créer une scénographie très ample : une seule grande salle accueille l’exposition, le reste de la maison fonctionnant comme un hôtel.

Dans ce volume restreint, les fondateurs du musée, Andrea Boero et Javed Jafferji, sont parvenus à faire entrer les visiteurs dans le monde de l’enfance et de l’adolescence de Freddie Mercury, lorsqu’il portait encore son prénom de naissance, Farrokh Bulsara. La partie consacrée à la petite enfance est la plus vivante : elle montre l’ancienne Stone Town sous domination britannique et arabe, les rues où Farrokh et ses amis allaient à l’école, couraient vers la plage après les cours et se baignaient dans l’océan Indien.

Enfant, Farrokh fut profondément marqué par les traditions du zoroastrisme, pratiqué par ses parents Les Parsis sont un groupe ethnique d’origine iranienne qui quitta massivement la Perse aux VIIIe et IXe siècles, lorsque les Arabes imposèrent l’islam aux populations locales. Les Parsis sont unis par leur appartenance au zoroastrisme, une religion fondée sur les enseignements de Zarathoustra. La plupart d’entre eux se réfugièrent en Asie du Sud, principalement en Inde. Aujourd’hui, plus de 100 000 personnes dans le monde se considèrent comme parsies. . Plusieurs aspects des traditions culturelles zoroastriennes sont également présentés aux visiteurs : on y découvre la manière dont les Parsis s’habillaient dans les années 1940, ainsi que le déroulement des rites dans le temple zoroastrien aujourd’hui disparu, que le petit Farrokh fréquentait lui aussi. À la naissance du futur musicien, environ 300 Parsis vivaient à Stone Town ; il n’en resterait aujourd’hui que 2 à Zanzibar.


Le petit Farrokh, future star du rock
Le petit Farrokh, future star du rock
Farrokh pose dans le jardin de l’école avec son trophée, la coupe « Excellent Student »
Farrokh pose dans le jardin de l’école avec son trophée, la coupe « Excellent Student »

Préserver l’histoire du lien entre Freddie Mercury et la culture colorée de Zanzibar : c’est ce qu’a réussi ce petit musée de Stone Town. Dans les photographies d’archives, on voit Freddie bébé, posant sur un pouf dans un studio photo. Détail amusant : ce studio existe toujours sur Shangani Street et appartient au fils du photographe qui réalisa le cliché. Sur une autre image, Sabin, sa nounou à la peau sombre, promène dans l’arrière-cour un bébé souriant installé dans une poussette. Plus loin, Freddie apparaît à l’âge de 5 ans, une couronne festive autour du cou, debout dans le jardin de la maison familiale pour célébrer le Nouvel An parsi.

Observer les photographies, lire les légendes, se plonger dans les souvenirs de Kashmira, la sœur de Freddie, qui a aidé le musée à ses débuts, constitue un vrai plaisir pour les visiteurs curieux. Les admirateurs de Freddie Mercury y trouveront de quoi s’émouvoir, tout comme les voyageurs en quête d’une visite un peu différente à Stone Town.

Un petit musée, un grand plaisir

Le musée de Zanzibar mérite la visite pour celles et ceux qui se considèrent comme des fans de Queen et de Freddie Mercury, mais aussi pour quiconque souhaite explorer les lieux emblématiques de l’île.

Pour profiter au mieux de cette visite, voici quelques conseils à garder en tête :

Choisir l’heure la plus chaude de la journée

Stone Town se situe près de l’équateur, et la chaleur y est présente toute l’année. Dans le dédale de la vieille Stone Town, la brise marine se fait rare ; la chaleur et l’humidité s’y ressentent donc davantage qu’en bord d’océan. Le musée, bien climatisé, devient particulièrement agréable au milieu de la journée, lorsqu’il offre une pause bienvenue à l’abri du soleil écrasant.

Prévoyez votre visite pendant les heures les plus chaudes, puis prenez le temps de parcourir les galeries de photos. Regardez les images, attardez-vous sur les paroles des chansons, appréciez la fraîcheur de la salle au son de Queen. Restez aussi près de l’écran où sont diffusés des enregistrements de concerts : ces quelques minutes prolongent joliment la visite.

Éviter de lire les avis avant votre visite

Les lieux et les sites visités sont souvent commentés avec une certaine légèreté. On trouve aussi en ligne quantité d’informations sur le Freddie Mercury Museum de Stone Town, mais tous les avis ne méritent pas qu’on s’y attarde. Nous vous conseillons plutôt de ne rien lire du tout : allez simplement au musée et voyez-le par vous-même.

Certains visiteurs se contentent d’observer le bâtiment, prennent quelques photos à la hâte, puis entrent dans l’hôtel au lieu du musée et repartent déçus. D’autres s’attendent à découvrir une collection rare d’effets personnels de Mercury, mais ne se laissent impressionner ni par le piano ni par les vestes et costumes reconnaissables. D’autres encore traversent la salle rapidement, avant de prendre le temps d’écrire un avis négatif. Seuls les visiteurs attentifs et curieux laissent généralement des commentaires vraiment utiles.

Il est plus juste d’envisager la maison où vécut la famille Bulsara comme une partie de l’histoire plus vaste de Stone Town et de Zanzibar, et comme un excellent complément aux autres musées de l’île : l’ancien marché aux esclaves et l’église anglicane, la House of Wonders, ainsi que d’autres expositions consacrées à la culture de Zanzibar. Les visiter ensemble permet de mieux saisir la diversité de l’histoire zanzibarite.

Restez calme et Pole-pole

En Tanzanie comme à Zanzibar, vous entendrez probablement l’expression « pole pole ». En swahili, elle signifie « doucement, doucement » et reflète une philosophie locale où l’on avance sans hâte excessive ni inquiétude inutile. C’est sans doute la meilleure règle pour visiter le Freddie Mercury Museum : ralentir et tout absorber. Plus vous restez longtemps, plus les détails apparaissent, et plus la visite prend de relief. Le musée pourrait même éveiller un nouvel intérêt pour la personnalité du musicien, y compris chez celles et ceux qui ne sont pas de grands amateurs de rock ou de Queen.

Pour rendre votre passage au Freddie Mercury Museum plus ludique et tester votre sens de l’observation, Altezza Travel vous suggère quelques petits défis :

  • Dans le musée, cherchez une étoile semblable à celles du Hollywood Walk of Fame ;
  • Repérez les erreurs commises sur l’acte de naissance de Freddie par un employé d’hôpital un peu pressé ;
  • Trouvez les mémoires de Bonzo, un ami de Farrokh, et lisez le passage consacré aux 3 lieux préférés des adolescents de Zanzibar pour faire du vélo. L’un d’eux mérite une excursion à part entière : les grottes où étaient enfermés les esclaves ;
  • Cherchez une fiche d’avis rédigée dans votre langue maternelle : un panneau de suggestions se trouve derrière l’espace des souvenirs. Si vous n’en trouvez pas, vous pouvez aussi écrire la vôtre.

Que voir d’autre dans le musée de Freddie

L’exposition se divise en plusieurs sections visuellement distinctes. À l’entrée, le passé de Stone Town est présenté, puis le parcours vous conduit naturellement à l’époque où la famille Bulsara accueillit son premier enfant. Les sections suivantes correspondent aux années d’études de Freddie Mercury à Panchgani, en Inde, à ses premiers succès musicaux après son installation au Royaume-Uni, à la popularité de Queen, puis aux dernières années de la vie du musicien, lorsqu’il était déjà gravement malade.

L’une des sections les plus remarquables présente une collection de brouillons de paroles de chansons. Les fans de Queen peuvent y voir leurs vers préférés, écrits de la main même de l’artiste. Sous le logo du groupe, l’histoire de sa création est racontée par Freddie Mercury lui-même, qui avait étudié dans une école d’art et possédait un vrai talent de dessinateur.

Vers la fin de l’exposition, on peut lire l’histoire touchante de la dernière chanson de l’artiste, Mother Love, racontée par son compagnon de groupe et guitariste principal de Queen, Brian May. À côté, des tirages encadrés montrent Brian May lui-même. On le voit lors de sa visite du musée tout juste ouvert et dans d’autres lieux de Stone Town où Freddie passa son enfance. Brian May a confié avoir rêvé toute sa vie de visiter Zanzibar ; ce voyage réalisait donc un souhait très ancien.

Si vous partagez le rêve de Brian May, c’est peut-être la plus belle raison de venir à Zanzibar.

Et nous ne vous avons même pas encore tout dit de ce que l’on trouve sur Shangani Street ! Il est impossible de mettre en mots tout ce que l’on peut y voir et ressentir. Se rendre au musée par soi-même reste la seule façon de comprendre que The Show Must Go On !

Publié le 29 mars 2023
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À propos de l’auteur
Yurii Bogorodskiy

Yuri, chercheur et rédacteur à plein temps chez Altezza Travel, vit en Tanzanie depuis 2019. Il a exploré de nombreuses destinations moins connues du pays, notamment les parcs nationaux de Kitulo et de Rubondo, le lac Victoria, Zanzibar, ainsi que de nombreux sites historiques, naturels et archéologiques.

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