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Observation des oiseaux dans le Selous, Nyerere, Mikumi, les monts Udzungwa et au-delà

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Observation des oiseaux Observation des oiseaux

Si vous préparez un voyage d’observation des oiseaux en Tanzanie, loin des itinéraires les plus fréquentés et au cœur d’une nature d’une remarquable richesse, mieux vaut étudier avec soin les zones les plus prometteuses, celles où vivent des espèces rares et recherchées. Dans cet article, nous évoquons plusieurs réserves et parcs nationaux bien connus : le Selous, Nyerere, Mikumi et les monts Udzungwa. Nous nous intéressons aussi aux zones voisines, notamment à la partie des Udzungwa située hors du parc national, qui présente un réel intérêt pour les ornithologues et les passionnés d’avifaune. Nous mentionnerons également la vallée voisine du Kilombero, rendue célèbre par deux cisticoles originaires de la région, décrites et reconnues comme espèces distinctes seulement récemment.

Pour les voyageurs intéressés par les plaines d’Usangu, plus à l’ouest, le parc national de Ruaha, le plateau de Kitulo et les formations montagneuses les plus méridionales de la grande vallée du Rift, nous recommandons de consulter notre article consacré à l’observation des oiseaux dans ces régions. Si vous prévoyez des circuits ornithologiques en Tanzanie à l’est du Selous, nous vous invitons aussi à parcourir notre sélection des sites les plus orientaux du pays : autour de Dar es Salaam, avec l’île de Zanzibar, ainsi que les réserves forestières du sud, sur la côte continentale comme sur l’île de Mafia.

Dans cet article, nous passons en revue plusieurs sites majeurs d’observation des oiseaux en Tanzanie : la réserve de gibier du Selous, le parc national de Mikumi, la vallée du Kilombero, les monts Udzungwa et le parc national du même nom, ainsi que les monts Rubeho.

La réserve de gibier du Selous

Au sud-est de la grande vallée du Rift s’étend un vaste territoire où se trouvent quelques-uns des plus grands ensembles naturels de Tanzanie : le plus vaste parc national du pays, Nyerere ; sa plus grande réserve de gibier, le Selous ; et son plus long fleuve, le Rufiji, dont le delta abrite l’une des plus grandes forêts de mangrove au monde. Une telle richesse naturelle se reflète naturellement dans l’avifaune.

De nombreuses sources présentent le Selous comme une immense réserve de chasse d’environ 50 000 kilomètres carrés. En 2019, une zone d’environ 30 000 kilomètres carrés en a été détachée pour devenir le parc national de Nyerere, tandis que le reste du territoire demeurait une aire protégée, avec des populations animales contrôlées. Lorsque nous employons le nom Selous, nous faisons ici référence à l’ensemble de cette région, selon son appellation historique. Les listes d’observation, comme celles d’ebird.org, signalent d’ailleurs plusieurs points chauds ornithologiques dans le secteur nord du Selous.

Le Crabier blanc (Ardeola idae), le Busard pâle (Circus macrourus) et le Faucon crécerellette (Falco naumanni) sont présents dans le Selous. Ces lieux n’ont pas encore été étudiés de manière exhaustive : certaines données sont anciennes ou trop peu nombreuses pour confirmer la présence actuelle de certaines espèces et préciser leurs populations dans cette zone. La présence du Râle des genêts (Crex crex) et de représentants d’espèces menacées comme la Rousserolle d’Irak (Acrocephalus griseldis) a par exemple été signalée dans le Selous. Cette dernière affectionne les fourrés en eau peu profonde, avec une préférence pour les roselières. Faute de données suffisantes, il est possible que ces oiseaux soient plus communs ici qu’on ne le pense aujourd’hui.

Râle des genêts
Râle des genêts
Rousserolle d’Irak. Photo Uma Pandiyan
Rousserolle d’Irak. Photo Uma Pandiyan

Le Tisserin du Kilombero (Ploceus burnieri), endémique de Tanzanie, suscite évidemment un vif intérêt chez les observateurs d’oiseaux. Son habitat typique correspond aux marais qui entourent la rivière Kilombero, également appelée rivière Ulanga, l’un des affluents du Rufiji. L’oiseau a aussi été observé dans des prairies inondées de façon saisonnière près de la ville d’Ifakara. Le tisserin niche en colonies pouvant compter jusqu’à 30 nids, même si des individus isolés sont également signalés. Cette espèce endémique est malheureusement classée parmi les espèces menacées.

Parmi les espèces aquatiques intéressantes, on peut citer le Bihoreau à dos blanc (Gorsachius leuconotus), le Jabiru d’Afrique (Ephippiorhynchus senegalensis), le Bec-en-ciseaux d’Afrique (Rynchops flavirostris), qui pêche de préférence la nuit, ainsi que la Chouette-pêcheuse de Pel (Scotopelia peli), capable de capturer des poissons et même de jeunes crocodiles. Ces chouettes sont à rechercher près des rivières ; elles nichent dans les arbres, entre 3 et 12 mètres de hauteur, le plus souvent à moins de 50 mètres de l’eau. De grande taille, atteignant 50 à 60 centimètres, elles choisissent parfois des proies imposantes : grenouilles, crabes, poissons pouvant peser jusqu’à 2 kg ou jeunes crocodiles du Nil. Leur activité est surtout nocturne. Lorsqu’elles chassent, on peut les voir posées sur des souches ou des branches surplombant l’eau. Bonne nouvelle pour les ornithologues : il arrive qu’elles soient observées en chasse durant la journée.

Bec-en-ciseaux d’Afrique en vol
Bec-en-ciseaux d’Afrique en vol
Chouette-pêcheuse de Pel
Chouette-pêcheuse de Pel

D’autres espèces signalées dans le Selous incluent la Brève d’Angola (Pitta angolensis), le Pyreneste menu (Pyrenestes minor) et la Glaréole auréolée (Glareola nuchalis). Les deux dernières ont été observées près des chutes de Siguri, sur la rivière Luhombero. Il n’existe malheureusement pas de liste complète des espèces du Selous. L’administration du parc national de Nyerere indique qu’au moins 450 espèces d’oiseaux peuvent être observées dans le plus grand parc national de Tanzanie.

Parc national de Mikumi

Un autre parc national, Mikumi, borde le parc national de Nyerere au nord-ouest. Situé à moins de 300 kilomètres de Dar es Salaam, sur la route qui traverse la Tanzanie vers la Zambie, ce parc attire de nombreux visiteurs, ce qui lui vaut d’être souvent comparé au célèbre Serengeti, plus au nord. Mikumi est facile et rapide d’accès, et une route le traverse en son centre. Le nombre d’espèces d’oiseaux recensées y est tel que Mikumi figure parmi les 10 principaux points chauds ornithologiques de Tanzanie sur ebird.org. Au total, plus de 500 espèces d’oiseaux peuvent y être observées.

Parmi les espèces rares ou inhabituelles, on peut mentionner le Torcol à gorge rousse (Jynx ruficollis), présent dans les forêts en bordure du parc, le Souimanga des Uluguru (Anthreptes neglectus) et le Drongo de Ludwig (Dicrurus ludwigii), réputé agressif et peu farouche.

Torcol à gorge rousse
Torcol à gorge rousse
Souimanga des Uluguru. Photo Raymond Birkelund
Souimanga des Uluguru. Photo Raymond Birkelund

Le Calao à bec pâle (Lophoceros pallidirostris), le Calao à bec noir (Lophoceros nasutus), le Faucon de Dickinson (Falco dickinsoni) et le Faucon ardoisé (Falco ardosiaceus) vivent également à Mikumi. Les deux faucons sont souvent observés dans les forêts où poussent des palmiers. Le Faucon de Dickinson recherche des palmiers morts ou des baobabs creux pour y établir son nid. On sait qu’il apparaît parfois lors des feux de brousse, capturant de gros insectes et des rongeurs fuyant les flammes. Le Faucon ardoisé préfère se poser sur des poteaux, des câbles et des branches dégagées ; il chasse chauves-souris et oiseaux, mais ne dédaigne pas les noix de palmier, ce qui en fait l’un des rares rapaces à consommer aussi de la nourriture végétale.

Faucon de Dickinson. Photo Graham Cochrane
Faucon de Dickinson. Photo Graham Cochrane
Faucon ardoisé en vol
Faucon ardoisé en vol

Outre les eaux de la rivière Mkata, Mikumi possède dans sa plaine inondable des marais permanents qui attirent le Crabier blanc (Ardeola idae). Plus largement, ces marais offrent un refuge à de nombreux oiseaux migrant vers le nord. Le Râle des genêts (Crex crex) et le Faucon crécerellette (Falco naumanni) ont également été observés dans le parc national.

Parmi les endémiques de Tanzanie, Mikumi abrite l’Inséparable masqué (Agapornis personatus), Cette espèce, avec Cisticola bakerorum, n’a été décrite par les scientifiques qu’en 2021, bien que des spécimens aient été trouvés dès les années 1960 dans la plaine inondable de la rivière Kilombero, en Tanzanie. Des spécimens de musée étaient conservés dans des collections, mais personne n’avait tenté de les classer en raison de la coloration particulière de leur plumage. Ces oiseaux préfèrent s’installer dans des roselières inondées ; leur aire endémique correspond aux marais du Kilombero, dans le Morogoro, au centre de la Tanzanie. Une observation a toutefois été enregistrée dans le Serengeti, confirmant la découverte de cette espèce dans le nord du pays. Nous recommandons de traiter cette information avec prudence et, lors d’une visite du Serengeti, d’être particulièrement attentif à l’identification des nombreuses espèces de cisticoles. La confirmation d’une extension de l’aire de répartition de la Cisticole à queue blanche constituerait une donnée importante pour l’ornithologie. (Cisticola anderseni), le Tisserin du Kilombero (Ploceus burnieri), le Calao à bec rouge de Tanzanie (Tockus ruahae), ainsi que le Bulbul des Uluguru (Arizelocichla neumanni) et la Cisticole du Kilombero (Cisticola bakerorum), nommée en hommage à Éric Burnier, qui fut le premier à reconnaître cette espèce comme nouvelle, même si elle n’a été formellement décrite qu’en 2021. La Cisticole du Kilombero est classée vulnérable. Elle affectionne les marais de la plaine inondable de la rivière Kilombero, où elle vit dans les roselières inondées.

Vallée du Kilombero

Au nord-ouest du Selous se trouve la vallée de la rivière Kilombero. Elle s’étend jusqu’aux monts Udzungwa et se trouve bordée au sud par la chaîne montagneuse de Mahenge. Ces deux systèmes montagneux constituent les parties les plus méridionales de la grande vallée du Rift, qui commence en Tanzanie au nord du pays, depuis les monts Pare et Usambara. La largeur de la rivière varie selon la saison et le volume des pluies dans la région. En saison sèche, de juin à novembre, près de la ville d’Ifakara, elle ne mesure qu’environ 100 mètres de large. Pendant la saison des pluies, entre décembre et mai, les crues s’étendent sur 6 kilomètres, inondant de vastes prairies : c’est précisément ce qui attire ici les oiseaux. La vallée compte aussi des forêts, en plus de ses espaces ouverts.

Cette région est avant tout intéressante pour ses endémiques locales : le Tisserin du Kilombero (Ploceus burnieri), la Cisticole à queue blanche (Cisticola anderseni) et la Cisticole du Kilombero (Cisticola bakerorum). Avec la réserve du Selous, la vallée du Kilombero constitue aussi un habitat important pour le Crabier blanc (Ardeola idae).

Le Tisserin du Kilombero, endémique de Tanzanie. Photo Jean-Louis Carlo
Le Tisserin du Kilombero, endémique de Tanzanie. Photo Jean-Louis Carlo
La Cisticole à queue blanche, endémique de Tanzanie. Photo Michael Ortner
La Cisticole à queue blanche, endémique de Tanzanie. Photo Michael Ortner

Dans les forêts locales, on peut observer le Pic de Stierling (Dendropicos stierlingi). Les réserves forestières de la région accueillent aussi de nombreuses espèces montagnardes qui y hivernent pendant la saison froide. La rivière attire également le Bec-en-ciseaux d’Afrique (Rynchops flavirostris) et le Bec-ouvert africain (Anastomus lamelligerus). Les forêts riveraines abritent le Martin-pêcheur à demi-collier (Alcedo semitorquata), le Grébifoulque d’Afrique (Podica senegalensis), le Canard noirâtre (Anas sparsa), le Bihoreau à dos blanc (Gorsachius leuconotus) et la Chouette-pêcheuse de Pel (Scotopelia peli). De manière générale, en raison de la proximité et de l’absence de barrières naturelles, les espèces de la vallée recoupent largement celles du Selous.

Martin-pêcheur à demi-collier
Martin-pêcheur à demi-collier
Coucal à queue cuivrée
Coucal à queue cuivrée

Le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) fréquente ici les roselières. La vallée du Kilombero serait la seule région de toute l’Afrique de l’Est à abriter une population de Coucal à queue cuivrée (Centropus cupreicaudus). Le Vanneau du Sénégal (Vanellus senegallus), facilement reconnaissable à ses longues pattes jaunes et à son bec jaune orné de grandes caroncules faciales, est lui aussi présent. On observe souvent des Hirondelles à croupion gris (Pseudhirundo griseopyga) en vol.

Vanneau du Sénégal
Vanneau du Sénégal
Hirondelle à croupion gris en vol. Photo Niall D Perrins
Hirondelle à croupion gris en vol. Photo Niall D Perrins

Sur le site ornithologique ebird.org, le point chaud indiqué sous le nom de Kilombero Swamp, au sud de la ville d’Ifakara, recense plus de 250 espèces d’oiseaux.

Monts Udzungwa

Les monts Uzungwa désignent ici un ensemble de zones fragmentées qui ne font pas partie du parc national du même nom. Ils constituent la partie la plus méridionale, ou plus précisément la plus sud-occidentale, des chaînes montagneuses rattachées à l’ancienne grande vallée du Rift. Ces montagnes étaient à l’origine couvertes de forêts denses, aujourd’hui fortement réduites et transformées en pâturages ou en terres agricoles. Les fragments forestiers restants abritent encore de nombreux oiseaux, ce qui les rend précieux pour les ornithologues. Les principales zones forestières protégées sont West Kilombero, Kisinga-Rugaro et Udzungwa Scarp.

Fauvette forestière à calotte rousse. Photo ubi Shapiro
Fauvette forestière à calotte rousse. Photo ubi Shapiro
Cossyphe à flancs olive. Photo Dubi Shapiro
Cossyphe à flancs olive. Photo Dubi Shapiro

De nombreuses espèces vivent dans les forêts d’Uzungwa, parmi lesquelles le Tisserin de Bertram (Ploceus bertrandi), la Fauvette forestière à calotte rousse (Artisornis metopias), la Cisticole à face noire (Cisticola nigriloris), la Modulatrice tachetée (Modulatrix stictigula), le Cossyphe à flancs olive (Cossypha anomala), l’Akalat de Sharpe (Sheppardia sharpei), l’Alèthe à poitrine blanche (Chamaetylas fuelleborni), l’Arcanator tacheté (Arcanator orostruthus) et le Martinet de Shoa (Schoutedenapus myoptilus). Fait intéressant, dans les réserves forestières d’Udzungwa, les populations de toutes ces espèces sont inhabituellement importantes par rapport aux densités habituellement observées dans des milieux comparables. Il est donc plus facile de les voir ici qu’ailleurs.

Il n’existe malheureusement pas de listes complètes d’espèces, ni pour les zones forestières de ces montagnes, ni pour le parc national. Ce dernier compte toutefois parmi les meilleurs sites d’observation des oiseaux en Tanzanie.

Parc national des monts Udzungwa

Le parc national s’étend sur des chaînes montagneuses couvertes de boisements de miombo, de forêts tropicales humides et de forêts de montagne. On y trouve également des zones de steppe ouverte. Son altitude varie de 250 à 2 576 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs cascades descendent des reliefs rocheux et forment, sur leurs paliers, des bassins naturels. Les espèces endémiques y sont nombreuses, chez les plantes comme chez les animaux : environ un quart de la flore locale serait endémique. Udzungwa est considéré comme le deuxième parc national de Tanzanie pour sa biodiversité. Plus de 350 espèces d’oiseaux ont été recensées dans le parc national d’Udzungwa.

Les endémiques locales attirent le plus d’attention. On peut commencer par la Xénoperdrix des Udzungwa (Xenoperdix udzungwensis). Membre de la famille des Phasianidae , elle possède des pattes jaunes et un bec rouge. L’espèce a été découverte en 1991. Ce sont précisément ses pattes inhabituelles qui auraient attiré l’attention : selon le récit, dans un camp, des personnes préparaient une soupe et les pattes de l’oiseau dépassaient de la marmite ; aucune des personnes présentes ne parvenait à les identifier. Cette étrangeté a éveillé la curiosité et conduit à la découverte de l’espèce. Ses plus proches parentes seraient les perdrix de montagne d’Asie. Certains avancent que ces espèces pourraient descendre d’un ancêtre commun dont les populations se seraient séparées, profitant autrefois d’un corridor forestier entre l’Afrique et l’Asie, au niveau de la péninsule Arabique.

D’autres endémiques tanzaniennes présentes dans le parc national incluent le Calao à bec rouge de Tanzanie (Tockus ruahae), le Pririt sombre (Batis crypta), la Cisticole à queue blanche (Cisticola anderseni), la Cisticole du Kilombero (Cisticola bakerorum), le Bulbul à gorge jaune (Arizelocichla chlorigula), l’Akalat d’Iringa (Sheppardia lowei), le Souimanga à ceinture rouge (Anthreptes rubritorques), le Souimanga de Moreau (Cinnyris moreaui) et le Souimanga à ailes rousses (Cinnyris rufipennis), le Tisserin des Usambara (Ploceus nicolli) et le Serin des Kipengere (Crithagra melanochroa). Hélas, les trois espèces endémiques de souimangas vivant à Udzungwa sont menacées d’extinction.

Souimanga de Moreau. Photo Charley Hesse TROPICAL BIRDING
Souimanga de Moreau. Photo Charley Hesse TROPICAL BIRDING
Souimanga à ailes rousses. Photo Dubi Shapiro
Souimanga à ailes rousses. Photo Dubi Shapiro

Le Circaète barré (Circaetus fasciolatus) a été observé dans une forêt de basse altitude au pied des montagnes, tandis que le Rougegorge de Swynnerton (Swynnertonia swynnertoni) a été signalé plus profondément en forêt. L’Apalis à ailes blanches (Apalis chariessa) est rare, mais son observation demeure possible. Le sous-bois forestier est habité par la Fauvette de Winifred (Scepomycter winifredae), considérée, elle aussi, comme endémique des forêts de montagne de Tanzanie. Ces oiseaux sont plus souvent observés dans les monts Uluguru ; une population existe également dans la région Rubeho-Ukaguru. Croiser la Fauvette de Winifred dans les monts Udzungwa relève donc d’une belle chance ornithologique.

Apalis à ailes blanches. Photo Bradley Hacker
Apalis à ailes blanches. Photo Bradley Hacker
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La probabilité de rencontrer le Grand-duc des Usambara (Bubo vosseleri) dans le parc national est élevée. Un débat scientifique se poursuit pour déterminer s’il s’agit d’une espèce distincte ou d’une sous-espèce du Grand-duc de Fraser (Ketupa poensis). Différentes classifications demeurent donc possibles. S’il devait être considéré comme une sous-espèce du Grand-duc de Fraser, il conviendrait de le nommer Bubo poensis vosseleri.

Cisticole stridulante. Photo : Bradley Hacker
Cisticole stridulante. Photo : Bradley Hacker
Hirondelle bleue
Hirondelle bleue

La Cisticole stridulante (Cisticola njombe) et l’Hirondelle bleue (Hirundo atrocaerulea) peuvent être considérées comme des espèces intéressantes, bien que rarement observées ici. Pour revenir aux débats scientifiques et aux espèces endémiques, les observateurs ont signalé dans les monts Udzungwa le Choucador cendré (Lamprotornis unicolor), que tous les ornithologues ne classent pas comme endémique de Tanzanie. L’Inséparable masqué (Agapornis personatus) peut également y apparaître.

Choucador cendré. Photo John Bishop
Choucador cendré. Photo John Bishop
Inséparable masqué
Inséparable masqué

Monts Rubeho

Au nord des Udzungwa se trouve la chaîne des Rubeho ; les deux ensembles sont séparés par la rivière Ruaha. Ces montagnes sont reliées, à l’est, au parc national de Mikumi, l’un des sites les plus riches pour l’observation des oiseaux grâce à la grande diversité d’espèces qui l’habitent. Dans les monts Rubeho, les zones importantes pour l’ornithologie correspondent aux trois réserves forestières situées jusqu’à 2 500 mètres d’altitude.

Fait intéressant, la Grive de Gurney (Geokichla gurneyi) et le Cossyphe à calotte rousse (Cossypha natalensis) se partagent ici le territoire, bien que la première soit considérée comme une espèce montagnarde tandis que le second préfère généralement les altitudes plus basses.

Grive de Gurney. Photo Lisa & Li Li
Grive de Gurney. Photo Lisa & Li Li
Cossyphe à calotte rousse
Cossyphe à calotte rousse

Près de la rivière, on peut observer le Canard noirâtre (Anas sparsa), le Bihoreau à dos blanc (Gorsachius leuconotus) et le Grébifoulque d’Afrique (Podica senegalensis). Dans les forêts de plaine, il est possible de croiser le Macrosphène de Kretschmer (Macrosphenus kretschmeri). Un autre bel oiseau, le Monticole du miombo (Monticola angolensis), vit également ici.

Macrosphène de Kretschmer. Photo Stefan Hirsch
Macrosphène de Kretschmer. Photo Stefan Hirsch
Monticole du miombo. Photo Raphaël Nussbaumer
Monticole du miombo. Photo Raphaël Nussbaumer

Le Gobemouche cendré (Muscicapa caerulescens), le Trogon à queue barrée (Apaloderma vittatum), le Martinet de Shoa (Schoutedenapus myoptilus) et le Râle perlé (Sarothrura elegans) vivent dans les forêts de Rubeho. Parmi les souimangas, le Souimanga à plastron rouge (Cinnyris mediocris) et le Souimanga de Moreau (Cinnyris moreaui) ont été observés dans les monts Rubeho.

Une histoire intéressante concerne un autre oiseau local : la Pie-grièche d’Uhehe (Lanius marwitzi). Sous ce nom scientifique, elle est connue comme endémique de Tanzanie et occupe plusieurs zones montagneuses situées à plus de 1 500 mètres d’altitude. Sa taxonomie reste toutefois complexe. Certains ornithologues la classent comme sous-espèce de la Pie-grièche fiscale (Lanius collaris), et c’est ainsi qu’elle apparaît dans la plupart des classifications. Dans la nature, on la repère plus facilement posée sur des arbustes ou des branches d’arbres, entre 1 et 10 mètres au-dessus du sol.

Cet aperçu présente les principaux sites qui composent l’écosystème du Selous, ainsi que les chaînes montagneuses voisines, dont le cœur est formé par les monts Udzungwa. De l’autre côté des montagnes s’étendent le parc national de Ruaha et la plaine d’Usangu. Pour découvrir les autres grands sites d’observation des oiseaux en Tanzanie, consultez notre article de synthèse « Tanzanie. Top 10 des sites d’observation des oiseaux ».

Publié le 8 octobre 2023 Mis à jour le 20 mai 2026
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À propos de l’auteur
Yurii Bogorodskiy

Yuri, chercheur et rédacteur à plein temps chez Altezza Travel, vit en Tanzanie depuis 2019. Il a exploré de nombreuses destinations moins connues du pays, notamment les parcs nationaux de Kitulo et de Rubondo, le lac Victoria, Zanzibar, ainsi que de nombreux sites historiques, naturels et archéologiques.

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