À quoi servent les bâtons de trekking ou de randonnée ? Ne risquent-ils pas de gêner pendant l’expédition, au point de les porter inutilement du début à la fin ? Ces questions reviennent souvent chez ceux qui n’ont jamais marché avec des bâtons. Ceux qui les ont déjà essayés en trekking, eux, cherchent surtout à savoir quels détails regarder avant d’acheter la bonne paire. Voici tout ce qu’il faut savoir pour choisir, régler et utiliser des bâtons de trekking.
Qu’est-ce qu’un bâton de trekking ?
Les bâtons de trekking sont des équipements sportifs utilisés en randonnée et en montagne. Ils aident à progresser sur terrain irrégulier, surtout lors d’itinéraires en altitude. Les voyageurs les emportent lorsqu’ils partent en ou en d’où les noms les plus courants en anglais : trekking poles et hiking poles. En pratique, il s’agit du même équipement ; nous utiliserons donc ici le premier terme.
Les bâtons de trekking diffèrent, par leur conception, des bâtons de ski et des bâtons de marche nordique, car ils répondent à des usages différents. On ne peut donc pas remplacer un type de bâton par un autre. Si vous prévoyez un trekking en montagne, emportez des bâtons de trekking. Il y a de fortes chances qu’ils vous soient utiles, et qu’à un moment du parcours vous soyez heureux de les avoir pris, même si vous ne les avez jamais utilisés auparavant.
Faut-il des bâtons de trekking pour toutes les expéditions ?
La communauté des passionnés de trekking se partage entre ceux qui utilisent toujours des bâtons et en apprécient les bénéfices, et ceux qui s’en passent. Dans ce second groupe, certains n’ont jamais vraiment essayé de marcher avec, tandis que d’autres les ont testés une ou deux fois avant d’abandonner, les trouvant peu pratiques. Il existe aussi des voyageurs qui alternent, avec ou sans bâtons, selon les conditions de l’itinéraire à venir. Dans l’ensemble, la popularité des bâtons de trekking n’a cessé de progresser au fil des années, et de plus en plus de randonneurs les emportent en montagne.
Les arguments en faveur des bâtons de trekking
Quels sont les avantages des bâtons de trekking ? L’argument le plus courant tient à la répartition de l’effort pendant la marche : les bâtons soulagent les genoux, surtout avec un sac à dos lourd. Cet appui supplémentaire réduit bien une partie de la charge sur les articulations, mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle les bâtons sont devenus si populaires lors des expéditions en montagne.
Voici quelques avantages des bâtons de trekking :
- ils apportent 2 points d’appui supplémentaires, particulièrement utiles sur les surfaces glissantes, comme les pentes de montagne humides après la pluie, ou lorsque la fatigue diminue le contrôle des mouvements et augmente le risque de blessure aux jambes ;
- ils redistribuent l’effort sur l’ensemble du corps, soulagent les muscles et les articulations des jambes, transfèrent une partie de la tension vers les bras et sollicitent le haut du corps ;
- ils aident à conserver la stabilité avec un sac à dos volumineux et lourd, notamment sur les passages difficiles, comme les montées et descentes raides où l’équilibre se perd facilement ;
- sur les sentiers envahis par la végétation en forêt ou dans les hautes herbes, ils permettent d’écarter les plantes gênantes, en particulier les orties ou les végétaux épineux ;
- ils servent à vérifier prudemment la profondeur d’un ruisseau ou d’une flaque, à tester si une zone boueuse est praticable ou si la glace d’un cours d’eau gelé est suffisamment solide ;
- de façon générale, ils aident à garder un rythme régulier, ce qui peut compter sur les longues randonnées.
Les bâtons de trekking peuvent aussi servir autrement. Certains randonneurs emportent des tentes ultralégères pour se reposer et s’abriter du soleil. Ce type de tente peut être monté avec des bâtons de trekking en guise de supports, ce qui évite de transporter des arceaux supplémentaires. Par ailleurs, lors d’éventuelles rencontres avec la faune locale, il est plus rassurant d’avoir un bâton en main, tenu devant soi, que de se trouver face à un animal sauvage les mains vides. Cela ne vous protégera évidemment pas d’un ours, mais peut suffire à éloigner un loup ou un chien.
La première fois, les bâtons peuvent sembler inutiles, surtout sur terrain plat. Ne tirez pas de conclusion trop vite et ne les écartez pas immédiatement. La plupart des bâtons de trekking se replient et se rangent facilement dans un sac à dos. Vous pourrez les ressortir dans une montée, sur un terrain rocheux ou avant un obstacle, comme un ruisseau ou une zone enneigée.
Les arguments contre les bâtons de trekking
Il existe aussi des arguments assez rationnels pour expliquer pourquoi les bâtons peuvent être inutiles, voire contre-productifs.
D’abord, ils ajoutent du poids, même repliés dans le sac à dos. Et lorsque vous les tenez en marchant, vos mains sont occupées en permanence. Si vous devez sortir rapidement votre téléphone ou votre appareil photo, cela peut poser problème. Les photographes et vidéastes, par exemple, sont parfois contraints de partir en montagne sans bâtons de trekking pour travailler correctement.
Ensuite, les bâtons peuvent perturber le rythme de marche de certaines personnes : bien les placer demande un peu de pratique, et tout le monde n’a pas la patience nécessaire. Cette impression apparaît souvent dans les premières minutes d’utilisation. Il vaut pourtant la peine de leur consacrer un ou deux jours pour s’y habituer.
Troisième argument : les bâtons de trekking peuvent nuire à l’environnement. Leurs pointes s’enfoncent dans le sol et les plantes, abîment l’écosystème et laissent des traces. Elles peuvent aussi rayer les rochers et, si les bâtons sont manipulés sans précaution, l’écorce des arbres. Pris isolément, l’impact d’une seule personne peut sembler limité ; avec un passage continu de voyageurs, l’argument devient plus difficile à écarter. Les embouts en caoutchouc permettent toutefois de réduire cet impact.
Enfin, tout le monde ne ressent pas un réel soulagement au niveau des genoux ou des autres articulations. Certains affirment même que l’usage constant des bâtons limite leurs mouvements et empêche certains groupes musculaires de travailler pleinement.
Il peut donc sembler raisonnable de penser qu’utiliser des bâtons pendant tout un trekking n’est pas toujours confortable. En revanche, leur usage mérite clairement d’être envisagé dans les montées et les descentes, sur les surfaces glissantes comme les rochers mouillés, les sols avec flaques ou la neige, ainsi que lorsque vous portez un sac lourd ou ressentez des douleurs articulaires lors de longues randonnées.
Il est parfois préférable d’éviter volontairement les bâtons sur certains passages du sentier, par exemple lors de descentes très raides. Dans ces situations, il peut être plus sûr de s’accroupir et de poser les mains sur les rochers que de se pencher pour chercher un point d’appui avec les bâtons tout en gardant l’équilibre sur une vire étroite. Chaque passage de ce type, en trekking de montagne, doit être évalué selon les circonstances précises et votre jugement sur le terrain.
Vous pouvez alterner entre marche avec bâtons et marche sans bâtons, selon le relief et vos sensations. L’essentiel est de les avoir avec vous, afin de ne pas vous retrouver démuni au moment où ils pourraient vraiment vous rendre service.
Faut-il des bâtons pour une expédition au Kilimandjaro ?
L’ascension du Kilimandjaro est un exemple classique de trekking en montagne. Toutes les voies vers le sommet traversent plusieurs zones climatiques, dont une zone de landes rocheuses et une zone arctique, où la glace, et parfois la neige, s’ajoutent aux rochers. Vous rencontrerez aussi des montées assez raides, plus faciles à franchir avec des bâtons de trekking. Si vous avez la « chance » de marcher sous la pluie pendant l’expédition, mieux vaut également les utiliser par sécurité.
L’une des voies les plus populaires, Lemosho, commence sur le plateau de Shira. Le plateau est plat et facile : vous n’y aurez pas besoin de bâtons. Mais après un jour ou deux, vous remercierez le responsable qui a insisté pour que vous les emportiez, ainsi que le guide qui vous aura rappelé de les utiliser.
Nous travaillons sur le Kilimandjaro depuis de nombreuses années, et l’expérience nous a montré que les bâtons aident réellement, parfois de façon indispensable, surtout pendant la nuit d’ascension et lors de la descente. Ne négligez pas cette recommandation pour une expédition vers le plus haut sommet d’Afrique.
Chez Altezza Travel, nous utilisons du matériel moderne : des bâtons de trekking professionnels Black Diamond. Ils ont prouvé leur fiabilité et leur confort. Avant l’expédition au Kilimandjaro, nous les remettons à tous les participants qui n’ont pas leurs propres bâtons. Ils font partie de l’équipement obligatoire.
Comment choisir les bons bâtons de trekking ?
Entrons maintenant dans le détail des bâtons de trekking. De quels matériaux sont-ils faits ? Comment sont-ils conçus ? Quels éléments comptent vraiment, et qu’est-ce qui les distingue les uns des autres ? Les sections suivantes vous aideront à choisir la paire la mieux adaptée à votre pratique.
Matériaux des bâtons de trekking
Les tubes principaux des bâtons de trekking sont généralement fabriqués dans l’un de ces 2 matériaux :
- aluminium ;
- fibre de carbone.
La première option est très légère, tout en restant solide et résistante. Ces bâtons supportent bien les chocs accidentels. D’autres matériaux peuvent parfois être ajoutés à l’aluminium, comme le titane. Les bâtons en fibre de carbone sont plus légers que ceux en aluminium ; ce matériau est souvent utilisé dans les modèles haut de gamme, ainsi que dans des bâtons spécifiques pour femmes et enfants. Autre avantage : il réduit les vibrations ressenties lorsque la pointe touche une surface dure. En revanche, la fibre de carbone résiste moins bien aux impacts, ce qui signifie que le bâton peut s’abîmer en cas de mauvaise manipulation. Les modèles en carbone sont aussi nettement plus chers.
Les débutants ont souvent intérêt à choisir des bâtons en aluminium, pour leur côté pratique et leur prix plus accessible. Plus tard, si vous randonnez plus souvent ou si vous vous engagez sur des itinéraires de trekking plus difficiles, l’achat d’une paire en fibre de carbone peut se justifier. Chez Altezza Travel, nous utilisons des bâtons en carbone et les recommandons à ceux qui pratiquent sérieusement le trekking en montagne.
Poignées
Les poignées de bâtons de trekking sont généralement fabriquées dans l’un de ces 4 matériaux :
- plastique ;
- caoutchouc ;
- liège ;
- EVA (mousse EVA, éthylène-acétate de vinyle).
Les poignées en plastique sont de loin les moins confortables, et peuvent même devenir gênantes. Elles glissent, favorisent les ampoules, et sur une utilisation prolongée la fatigue et l’inconfort apparaissent plus vite. Le plastique n’est utilisé que sur les modèles les moins chers : c’est donc un signe à éviter. Globalement, c’est l’option la moins recommandable, que l’on écarte d’emblée.
Une poignée en caoutchouc est souple et confortable. Son principal avantage est de rester chaude même par temps froid. Elle peut toutefois irriter les mains sur de longues traversées ou lorsque les paumes transpirent. Le caoutchouc reste une option correcte, mais les poignées en liège et en EVA sont plus performantes.
Les poignées en liège et en mousse sont les plus confortables. Les deux matériaux absorbent l’humidité des mains qui transpirent. Leur contact est agréable : après une légère pression dans la paume, elles reprennent rapidement leur forme initiale. Elles absorbent aussi très bien les vibrations. Nous recommandons de choisir des bâtons avec poignées en liège ou en polymère EVA.
Presque toutes les poignées sont équipées de dragonnes. Nous y reviendrons plus loin dans cet article, car elles ne sont pas toujours utilisées correctement.
Il est aussi pratique de disposer, sous la poignée, d’une zone supplémentaire avec revêtement souple. Il s’agit en réalité d’une extension de la poignée. Vous pouvez saisir cette partie lorsque vous montez et que vous placez le bâton devant vous, plus haut sur le terrain. Cela évite d’avoir à modifier la longueur du bâton.
Conception des bâtons de trekking
Pour conclure sur les poignées, précisons que, si possible, il vaut mieux choisir des modèles légèrement courbés ou plutôt légèrement inclinés vers l’arrière. Cette inclinaison de 15° apporte un vrai confort au poignet : la position de la poignée correspond mieux à une prise naturelle. Gardez ce détail en tête et cherchez, si possible, des bâtons de trekking avec poignées ergonomiques.
Quant à la conception des bâtons eux-mêmes, ils peuvent être réglables ou non réglables. La seconde option correspond à un tube d’un seul tenant : choisir la bonne longueur devient alors essentiel. Les bâtons non réglables ont l’avantage d’être plus légers que les modèles ajustables. En revanche, leur longueur ne peut pas être modifiée et leur transport est moins pratique. Les bâtons monobrins prennent plus de place, ne rentrent pas dans une valise, et toutes les compagnies aériennes n’acceptent pas de les transporter à bord.
Les bâtons réglables en longueur s’allongent comme une tige télescopique. Les modèles pliants sont démontables et se divisent en 2, 3 ou 4 sections. Ils sont généralement un peu plus lourds en raison des éléments supplémentaires, mais les bâtons télescopiques et pliants peuvent souvent se glisser dans une valise ou un sac à dos. Les sacs conçus pour les randonneurs expérimentés permettent aussi de fixer les bâtons repliés à l’extérieur. Vous pouvez les attraper rapidement avant un passage difficile, puis les rattacher simplement au sac une fois la section franchie. Nous considérons cette option comme idéale pour les itinéraires de difficulté légère à moyenne. Avec le temps, vous apprécierez tous les avantages de cette conception.
Il existe également des bâtons amortissants, dotés de ressorts internes. Le système peut être activé ou désactivé selon les besoins. Ces bâtons absorbent une grande partie des chocs et des vibrations de la marche. C’est particulièrement utile pour les personnes souffrant des articulations, notamment en cas de douleurs au coude ou au poignet lors d’un effort accru. De manière générale, lorsqu’on marche longtemps avec des bâtons, il vaut mieux limiter les impacts. Nous recommandons de choisir des bâtons de trekking avec système anti-choc.
Certains modèles sont aussi équipés d’une fixation pour appareil photo, ce qui permet de les utiliser comme monopode ou trépied.
À l’extrémité inférieure du bâton se trouvent une pointe et, au-dessus, une rondelle, aussi appelée panier. La pointe assure une bonne accroche, même sur terrain rocheux ou sur glace. Elle est fabriquée en acier ou en alliages durs. En général, les pointes sont très solides et résistantes à l’usure. Les bâtons de trekking sont livrés avec des embouts supplémentaires, notamment des embouts en caoutchouc. Les randonneurs expérimentés achètent aussi des pointes spécialisées pour différents types de terrain. Elles sont pratiques pour le rangement, le transport et la marche : chaque embout est pensé pour offrir son meilleur rendement sur une surface donnée.
Il est toutefois important de retirer les embouts avant de marcher sur terrain rocheux ou par conditions météo difficiles. Sans eux, les pointes acérées empêchent mieux les bâtons de glisser sur les rochers ou les sols humides. Certains montagnards recommandent néanmoins les embouts en caoutchouc sur terrain rocheux : c’est donc aussi une question de préférence, à adapter aux conditions précises de l’itinéraire. En forêt, par exemple, il est préférable de laisser les embouts en caoutchouc pour réduire l’impact sur l’environnement.
Les rondelles ou paniers situés au-dessus des pointes ressemblent à ceux des bâtons de ski et existent en différents diamètres. Elles empêchent les bâtons de s’enfoncer dans la neige ; plus elles sont grandes, plus elles freinent l’enfoncement. Certains les installent aussi avant de traverser la boue.
Comment régler les bâtons à la bonne hauteur ?
Une fois vos bâtons de trekking choisis, il reste à régler leur hauteur pour marcher confortablement et leur permettre de remplir correctement leur rôle. Si vous optez pour des bâtons non réglables, c’est le paramètre le plus important : il faut choisir la bonne taille dès le départ.
Dans les magasins de matériel de sport, vous trouverez des tableaux indiquant la longueur des bâtons selon votre taille. Mais il existe aussi une méthode très simple pour déterminer la bonne longueur.
Une seule règle : lorsque vous posez le bâton verticalement au sol et le tenez par la poignée, votre bras doit former un angle de 90° au niveau du coude. Utilisez un miroir pour vérifier que votre bras est bien à angle droit.
Courte vidéo explicative de Black Diamond, fabricant de matériel, sur le réglage de la longueur des bâtons
Lorsque vous modifiez la longueur de vos bâtons pendant un trekking, revenez à cette même règle : cela ne prend que quelques secondes. Dans certains cas, vous aurez toutefois intérêt à vous en écarter. Nous verrons ci-dessous pourquoi et quand modifier la longueur des bâtons.
Comment bien utiliser des bâtons de trekking ?
Beaucoup de personnes qui n’ont jamais marché avec des bâtons comprennent intuitivement leur fonctionnement en quelques minutes ou quelques heures. Rien de très compliqué. Pour d’autres, il faut parfois quelques jours avant que l’usage devienne automatique.
Avant votre premier long trekking, entraînez-vous à marcher avec des bâtons autour de chez vous. Si vous n’en avez pas et prévoyez d’en louer sur place, essayez de trouver de longs bâtons ou quelque chose d’approchant, au minimum un manche à balai. S’exercer au bon placement des bâtons et aux différentes prises vous sera utile.
Bâton droit avec pied gauche, bâton gauche avec pied droit
La règle de base, lorsque l’on marche avec des bâtons, est de faire travailler ensemble les bras et les jambes opposés. La jambe droite est accompagnée par le bâton tenu dans la main gauche, et la jambe gauche par le bâton tenu dans la main droite. Commencez lentement ; lorsque les mains se coordonnent avec les pieds, le rythme s’accélère naturellement.
Au début, cette alternance peut être difficile à garder, et les personnes peu habituées s’emmêlent parfois. Si cela vous arrive, imaginez mentalement une lettre X devant vous, que vous pousseriez vers l’avant : d’abord l’une de ses branches inclinées, puis l’autre. L’objectif est de faire avancer ce X devant vous jusqu’à ce que vous n’y pensiez plus et que le mouvement se fasse de lui-même.
Ce principe de croisement entre bras et jambe opposés fonctionne sur terrain plat comme en pente. Mais si, par moments, vous souhaitez planter les 2 bâtons au sol en même temps, cette technique est aussi possible. Elle apporte davantage de stabilité et peut se justifier en montée ou en descente.
Comment planter les bâtons correctement ?
La meilleure façon de placer le bâton consiste à le tenir devant vous, légèrement incliné vers l’avant, avec la pointe posée quelques centimètres derrière la jambe qui avance. Lorsque vous faites un pas du pied droit, votre main gauche place simultanément le bâton incliné derrière votre talon droit.
Lorsque vous inclinez le bâton vers l’avant, vous comprenez vite pourquoi une poignée souple est plus agréable qu’une poignée dure en plastique : elle ne s’enfonce pas dans la paume. Les poignées ergonomiques, avec leur inclinaison de 15°, se révèlent également très appréciables.
Là encore, vous pouvez vous entraîner devant un miroir à la maison. Mais le plus simple est d’écouter vos sensations. Lorsque les bâtons sont bien placés, vous poussez sur le sol comme si vous ramiez avec des avirons dans une barque. Vous avancez en propulsant votre corps vers l’avant grâce aux bâtons. Cette façon de marcher est beaucoup plus efficace que de planter les bâtons devant vous pour tirer le corps vers eux.
Les bâtons se placent de chaque côté du corps, à une distance naturelle pour la position des bras. En revanche, si vous butez sur un rocher ou glissez, mieux vaut les écarter davantage pour retrouver l’équilibre.
Comment tenir les bâtons confortablement ?
La prise de base, adaptée au terrain plat, consiste à tenir les 2 bâtons par les poignées. C’est la prise standard. Il existe aussi une prise basse et une prise haute. Elles permettent de compenser la différence de hauteur entre l’endroit où vous vous tenez et le point, plus haut ou plus bas, où vous posez les bâtons et où vous arriverez au pas suivant.
Comment monter avec les bâtons
En montée, il est beaucoup plus difficile de se propulser vers le haut : il faut donc tirer le corps en direction des bâtons. Placez-les plus haut devant vous, puis, lorsque vous sentez qu’ils sont fermement ancrés au sol, montez d’un pas en prenant appui dessus. Le corps doit se pencher vers l’avant, surtout avec un sac lourd sur le dos. Dans cette position, on utilise la prise basse : saisissez la partie inférieure des poignées, voire un peu plus bas. C’est précisément pour cet usage que les fabricants ajoutent un revêtement souple sous la poignée, afin que la main ne glisse pas sur le tube lisse.
Si la montée est longue, il est logique de raccourcir les bâtons, si le modèle le permet. C’est là que les bâtons réglables prennent l’avantage sur les modèles fixes. Pour modifier leur longueur, appliquez la même règle : lorsque vous placez le bâton au-dessus du niveau de vos pieds, l’idéal est de conserver un angle de 90° entre le bras et l’avant-bras.
Si le passage en montée est trop raide, mieux vaut renoncer temporairement aux bâtons et grimper en vous aidant des pierres et des prises avec les mains.
Comment descendre avec des bâtons de trekking ?
En descente, il ne s’agit pas non plus de se propulser vers l’avant. Le mouvement le plus logique consiste à incliner le corps et à se retenir avec les bâtons placés devant soi. Les bâtons se trouvent plus bas : on utilise alors la prise haute. Les poignées à partie supérieure arrondie sont particulièrement confortables dans cette configuration, car elles permettent de poser naturellement la paume et d’enrouler tous les doigts autour de la poignée.
Les bâtons réglables peuvent être entièrement allongés lors de longues descentes. Contrairement aux montées, les descentes se négocient presque toujours mieux avec l’aide des bâtons. L’exception concerne les passages les plus raides, lorsqu’il est plus simple de descendre presque à quatre pattes.
Comment franchir les traversées avec des bâtons de trekking ?
Une longue demande de varier les prises. De nombreux itinéraires en traversée ne montent pas directement vers le sommet, mais suivent la pente. Sur de longues sections dans une même direction, le bâton placé côté aval se tient en prise haute, tandis que celui côté amont se tient en prise basse. Il peut aussi être pertinent d’ajuster la longueur des bâtons pour retrouver une prise standard. Bien sûr, il n’est pas utile de modifier leur longueur si vous êtes sur une boucle et que la direction horizontale alterne de gauche à droite, ou l’inverse. Dans ce cas, il est plus simple d’utiliser seulement la prise haute et la prise basse.
Comment utiliser la dragonne ?
Presque tous les modèles de bâtons de trekking possèdent une boucle au sommet de la poignée, appelée dragonne ou sangle de poignet. Voici quelques conseils pour bien l’utiliser :
D’abord, la longueur de la dragonne se règle ; c’est l’étape à effectuer après avoir ajusté la longueur du bâton lui-même.
Ensuite, elle doit être enfilée correctement : passez la main dans la boucle par le dessous, saisissez la poignée, puis abaissez la main de façon à ce que le poignet repose sur la sangle et se relâche légèrement. Votre main se fatiguera moins en marchant, car il n’est pas nécessaire de serrer le bâton de toutes vos forces. Laissez la poignée « vivre » un peu dans votre main : le bâton ne partira pas, il est maintenu par la dragonne.
Les bons fabricants conçoivent des dragonnes souples, anatomiques et confortables. Idéalement, elles comportent même une doublure qui enveloppe le poignet et limite les frottements.
Voici un autre conseil important à garder en tête lorsque vous vous habituez aux bâtons de trekking. Dans un passage difficile, où l’équilibre se perd facilement et où le risque de glissade ou de chute est élevé, sortez les mains des dragonnes afin qu’elles ne bloquent pas les bras que vous tendriez instinctivement en tombant. Mieux vaut lâcher rapidement les bâtons et amortir la chute que les tenir jusqu’au dernier moment au risque de se blesser. Pensez-y particulièrement en descente.
Rangement, entretien et transport
Il est recommandé de ranger les bâtons de trekking démontés et dans une housse. La condition la plus importante pour les préserver est qu’ils restent au sec. Après un trekking, démontez-les, nettoyez-les et laissez-les sécher. Rangez-les ensuite dans leur housse, dans un endroit sec.
Tous les mécanismes de verrouillage peuvent être lubrifiés pour prolonger leur durée de vie. Avant chaque nouvelle utilisation, vérifiez soigneusement les loquets, systèmes de serrage et boutons. Ils doivent être fiables à 100 %.
La facilité de transport dépend du modèle. Les bâtons pliants et démontables sont les plus pratiques : une fois repliés, ils mesurent en moyenne 40 à 70 cm. Ils se rangent facilement dans un bagage pour l’avion et peuvent être fixés au sac à dos pendant le trekking. Pensez à vérifier à l’avance auprès de la compagnie aérienne les conditions de transport des bâtons non repliés ou démontés.
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