Voici les faits les plus fascinants sur le Kilimandjaro, couronne de l’Afrique et plus haute montagne isolée du monde. Saviez-vous que le Kilimandjaro n’est pas une seule montagne, mais l’ensemble de 3 anciens volcans ? Que les randonneurs mettent généralement 6 à 8 jours pour gravir ce sommet majestueux, alors que certains records se comptent en seulement 6 à 8 heures ? Et que plusieurs voies permettent d’entreprendre son ascension ? Entre flore singulière et panoramas à couper le souffle, le Kilimandjaro, la « montagne étincelante », réserve bien des surprises. Cet article vous emmène à la découverte de ce sommet emblématique. Que vous soyez un randonneur aguerri ou simplement curieux des merveilles de la nature, plongeons ensemble dans ces faits intéressants sur le Kilimandjaro, présentés par Altezza Travel.
Fait 1 : le Kilimandjaro fait partie des Seven Summits
Les Seven Summits désignent les plus hautes montagnes de chacun des 7 continents. L’histoire comporte pourtant une nuance intéressante : la liste de ces sommets comprend en réalité 9 montagnes, et non 7 seulement. Cela tient aux différentes façons de définir les continents et leurs frontières. Commençons par l’Europe et l’Australie. En Europe, le débat sur le point culminant du continent oppose 2 montagnes célèbres : le superbe mont Blanc, dans les Alpes, et le majestueux mont Elbrouz, dans le Caucase. Quant à la frontière entre l’Europe et l’Asie, géologues, historiens et surtout responsables politiques n’apportent pas tous la même réponse. Tout dépend de la manière dont on classe le massif du Caucase, dont le mont Elbrouz est la pièce maîtresse.
En Australie, la situation est encore plus complexe. Si l’on considère le continent au sens traditionnel, son point culminant est le mont Kosciuszko, dans les Alpes australiennes. Mais si l’on parle de l’Australie comme pays, son point le plus élevé est le Mawson Peak, un volcan situé sur l’île Heard, dans les confins reculés de l’océan Indien. Fait étonnant, cette île est plus proche de Madagascar que de l’Australie elle-même. D’un point de vue géologique, le point culminant de la plaque tectonique australienne est le Puncak Jaya, également appelé pyramide Carstensz, situé en Indonésie. L’explorateur néerlandais Jan Carstensz aperçut cette montagne pour la première fois au XVIIe siècle, mais son observation fut raillée en Europe, car elle évoquait la présence d’un glacier en zone tropicale. Le Kilimandjaro, montagne africaine, connaît une histoire semblable. Lorsque l’explorateur allemand Johannes Rebmann signala, au milieu du XIXe siècle, l’existence d’une montagne enneigée nommée Kilima-Njaro près de l’équateur, son récit fut accueilli avec incrédulité en Europe. En revanche, contrairement au mont Kosciuszko, dont le nom fut associé à différents sommets selon celui que l’on considérait comme le plus haut, la hauteur du Kilimandjaro n’a jamais vraiment été mise en doute. Le Kilimandjaro a toujours conservé son statut de plus haute montagne d’Afrique, ce qui lui assure sa place parmi les Seven Summits.
Des débats similaires existent pour identifier les principaux sommets d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Amérique du Nord et d’Antarctique. Voici la liste complète des montagnes pouvant composer les « Seven Summits », classées par altitude décroissante :
- Everest, également appelé Sagarmatha, en Asie, culminant à 8 848 m, situé dans l’Himalaya, à la frontière entre la Chine et le Népal.
- Aconcagua, en Amérique du Sud, à 6 961 m, situé dans la cordillère des Andes, en Argentine.
- Denali, également appelé mont McKinley, en Amérique du Nord, atteignant 6 190 m, situé dans la chaîne d’Alaska, aux États-Unis.
- Le pic Kibo du Kilimandjaro, en Afrique, culminant à 5 895 m, situé dans le nord de la Tanzanie
- Elbrouz, en Europe, atteignant 5 642 m, situé dans le Caucase, en Russie.
- Mont Blanc, en Europe, culminant à 4 810 m, situé dans les Alpes, à la frontière entre la France et l’Italie.
- Vinson, en Antarctique, culminant à 4 892 m, situé dans les monts Ellsworth et n’appartenant à aucun pays.
- Mont Kosciuszko, en Australie, situé dans la partie sud de la Cordillère australienne, à 2 228 m d’altitude.
- Puncak Jaya, ou pyramide Carstensz, en Océanie, atteignant 4 884 m, situé dans la chaîne Maoke, sur le territoire indonésien.
Comme vous le voyez, le plus haut sommet du Kilimandjaro est souvent désigné par le nom populaire de la montagne, plutôt que par son nom officiel, Kibo. Il faut pourtant rappeler que le Kilimandjaro n’est pas une montagne unique, mais un massif composé de 3 sommets volcaniques. Voilà un autre fait intéressant sur le « toit de l’Afrique ».
Fait 2 : le Kilimandjaro est composé de 3 volcans
Beaucoup imaginent le Kilimandjaro comme une seule montagne coiffée de neige, dressée avec majesté au-dessus de la savane verte, au cœur de l’Afrique. La réalité est plus fascinante encore. Sous l’effet de vastes processus géologiques à l’œuvre sous la surface de l’Afrique de l’Est il y a des millions d’années, la croûte terrestre a profondément changé à cet endroit précis.
Observons ce processus progressif à l’échelle de la planète. Sous l’Afrique se trouve une vaste plaque lithosphérique, sur laquelle repose le continent lui-même, ainsi que les eaux des océans qui l’entourent. Cette plaque se fracture en plusieurs morceaux, qui s’écartent lentement les uns des autres. On observe déjà comment la plaque arabique, portant la péninsule Arabique, s’est détachée puis est entrée en collision avec l’Eurasie, donnant naissance à la mer Rouge et aux systèmes montagneux de Turquie et d’Iran. Aujourd’hui, la plaque somalienne se sépare à son tour de la plaque africaine, en se déplaçant vers l’est. Fait remarquable : dans quelques millions d’années, l’Afrique de l’Est deviendra une île et entrera en collision avec la péninsule Arabique. Ce processus porte le nom de rifting.
C’est précisément ce rifting qui a provoqué la formation des 3 volcans du Kilimandjaro, ainsi que celle des autres volcans et systèmes montagneux de la grande vallée du Rift. Le même phénomène a également donné naissance aux grands lacs africains, dont le plus profond, le lac Tanganyika.
Le premier épisode vit le magma surgir et former le volcan Shira il y a plus de 2 millions d’années. Aujourd’hui, il ne reste que peu de choses de Shira. En regardant le Kilimandjaro depuis le sud, on distingue à gauche l’« épaule » allongée de la montagne. Le cratère s’est presque entièrement effondré avec l’apparition du volcan le plus récent, ne laissant qu’une courte crête d’altitude modeste. Ce cratère effondré est connu sous le nom de plateau de Shira.
Le deuxième à émerger fut le volcan Mawenzi. Cela se produisit il y a environ 1 million d’années. Le volcan entra en éruption à 2 reprises, avant d’être soumis à l’érosion. Aujourd’hui, il se dresse à l’est du centre du Kilimandjaro, avec un cratère formé de pics acérés et érodés. Son ascension exige une formation technique et du matériel d’alpinisme.
Tous ceux qui entreprennent l’ascension du Kilimandjaro se dirigent vers le sommet du plus jeune volcan, le mont Kibo. Formé il y a un peu plus d’un demi-million d’années, il se dresse encore au centre du massif. Symbole emblématique de l’Afrique, il attire chaque année des dizaines de milliers de randonneurs. Sa dernière éruption remonte à plus de 500 ans.
De part et d’autre de ces 3 volcans principaux se trouvent de plus petites formations cratériques, témoins d’éruptions magmatiques dans plusieurs directions et d’une intense activité volcanique dans le passé du Kilimandjaro. Des traces de roches volcaniques projetées se retrouvent sur de longues distances, notamment près du lac Nyumba ya Mungu, au sud-est de la montagne, et au Kenya voisin, vers le nord.
Voici les altitudes des principaux sommets des 3 volcans du Kilimandjaro :
- Shira : environ 3 962 m
- Mawenzi : 5 149 m
- Kibo : 5 895 m.
Fait 3 : plusieurs voies mènent au sommet du Kilimandjaro
Alors que la plupart des voyageurs qui gravissent la plus haute montagne de la planète, l’Everest, ne peuvent emprunter que 2 itinéraires, plusieurs sentiers conduisent au sommet du Kilimandjaro. Les plus connus sont au nombre de 6. Altezza Travel peut vous accompagner sur chacune de ces voies :
- Lemosho
- Marangu
- Rongai
- Machame
- Traversée nord
- Umbwe
Il existe aussi d’autres voies, moins fréquentées ou même dangereuses, comme la Western Breach, où les opérateurs responsables n’emmènent pas leurs clients en raison de la difficulté et des risques de telles expéditions.
Marangu est l’une des voies les plus populaires auprès des randonneurs débutants. C’est la seule où l’on dort dans des refuges en bois avec des équipements très simples, plutôt que sous tente. Cette particularité de Marangu a son revers : la voie est constamment fréquentée, et le nombre de places disponibles dans les refuges des camps reste limité. Elle se justifie en partie par temps pluvieux et venteux, à condition que le partage des chambres et les lits superposés ne vous dérangent pas.
Un programme d’ascension du Kilimandjaro par la voie Marangu comprend le nombre minimal de jours nécessaires à l’acclimatation : 5 ou 6 jours en montagne. Les expéditions partent de la porte homonyme du parc national, située aux abords de la ville légendaire de Moshi. C’est une ville très accueillante, qui conserve encore les souvenirs du XXe siècle et l’héritage des influences allemande et britannique.
C’est le long du tracé de cette voie actuelle que l’alpiniste allemand Hans Meyer et l’alpiniste autrichien Ludwig Purtscheller devinrent les premiers conquérants du Kilimandjaro en 1889. Marangu est parfois appelée « voie Coca-Cola ». Ce nom historique s’oppose à celui de « voie Whiskey », traditionnellement associé à la voie Machame.
Machame est l’une des plus belles voies, traversant la forêt tropicale puis toutes les autres zones climatiques de la montagne africaine. Située à l’ouest de Marangu, elle est elle aussi très appréciée. Elle débute à la porte du même nom, au bout d’un district rural qui porte également le nom de la voie. Les nuits sur Machame, comme sur toutes les voies suivantes, se passent sous tente.
La voie Machame prévoit 6 ou 7 jours en montagne. La durée retenue dépend du niveau d’expérience des participants et de la qualité de leur préparation à l’acclimatation. Un itinéraire plus long permet une adaptation plus progressive à l’altitude et rend l’ascension plus régulière.
Lemosho est l’une des voies les plus intéressantes et les plus panoramiques du Kilimandjaro. Sa popularité est relativement récente, mais elle semble appelée à devenir la plus fréquentée des voies menant à Uhuru. Elle commence à la porte occidentale de Londorossi et traverse les vastes étendues du plateau de Shira, un espace ouvert et panoramique où se dressait autrefois le premier des 3 volcans du Kilimandjaro.
Lemosho s’écarte des voies très fréquentées du sud-est, un atout apprécié par ceux qui souhaitent éviter l’affluence sur les sentiers comme dans les camps de tentes. Cette voie aux paysages variés implique un dépôt initial en altitude, à 3 500 m, compensé ensuite par un programme d’acclimatation réfléchi sur plusieurs jours : 6, 7 ou même 8 jours en montagne.
Rongai est l’une des voies singulières qui traversent le versant nord du Kilimandjaro. Le sentier commence à la porte de Nalemuru et permet, depuis une altitude importante, d’observer non seulement la Tanzanie, où se dresse le volcan légendaire, mais aussi le Kenya voisin et son célèbre parc national d’Amboseli.
Rongai conduit les randonneurs à travers le plateau situé entre les 2 volcans encore visibles du Kilimandjaro, Mawenzi et Kibo. C’est la seule voie qui parcourt entièrement le versant nord de la montagne. Sa particularité tient à la rareté des précipitations sur ce côté du Kilimandjaro, ce qui permet de profiter d’un temps généralement sec, même pendant les saisons des pluies, lorsque les voyageurs engagés sur d’autres voies doivent composer avec des conditions difficiles en haute altitude.
La Traversée nord est une voie qui contourne élégamment le Kilimandjaro par son versant nord, comme son nom l’indique. C’est la plus longue voie, avec 8 jours d’ascension. Elle débute à la même porte de Londorossi, sur le versant ouest, que la voie Lemosho, puis traverse des sections exigeantes et captivantes du versant nord avant de rejoindre le camp d’altitude sur le côté est du volcan. Les voyageurs qui l’empruntent découvrent ainsi le Kilimandjaro depuis 3 faces différentes.
La Traversée nord offre un parcours saisissant, avec des vues magnifiques, un programme d’acclimatation bien conçu et moins de randonneurs tout au long du chemin. C’est la voie la plus chère, mais son intérêt est réel. Et s’il fallait rendre cet itinéraire encore plus impressionnant, ce serait en descendant dans le cratère du Kibo pour passer une nuit presque irréelle dans l’ancienne caldeira, sous la voûte étoilée du ciel équatorial.
Enfin, Umbwe est l’une des voies les plus courtes, menant directement de la porte du même nom au pic Uhuru. Ce parcours de 6 jours en montagne est surtout choisi par des alpinistes expérimentés et des sportifs de l’extrême cherchant à établir des records, à gravir des champs de glace ou à tenter des ascensions techniques sur le Mawenzi. Nous évoquerons certains de ces records plus loin dans l’article.
Dans quelques circonstances exceptionnelles, par exemple lorsqu’il s’agit d’établir des records précis ou lorsque des randonneurs relèvent le défi de gravir des glaciers ou le Mawenzi, des itinéraires alternatifs combinant plus de la moitié des sections des voies principales peuvent être choisis. Il existe également une voie extrême appelée Western Breach, qui traverse des éboulis formés par l’effondrement d’une paroi de lave. La zone est exposée à de fréquentes chutes de pierres et, tragiquement, des randonneurs y perdent la vie toutes les quelques années. Il est important de noter que cette voie n’est pas accessible commercialement.
Fait 4 : le Kilimandjaro est la plus haute montagne isolée du monde
En atteignant le sommet du Kilimandjaro, vous découvrez un panneau indiquant fièrement que vous vous trouvez non seulement au point culminant de l’Afrique, mais aussi sur la plus haute montagne isolée du monde. Cette affirmation est tout à fait justifiée.
Les 3 volcans forment un massif montagneux unique, ce qui en fait techniquement une seule montagne. De fait, il n’existe aucune autre montagne ni chaîne montagneuse sur de nombreux kilomètres à la ronde. Dressé au-dessus des savanes de Tanzanie et du Kenya, cet immense ensemble s’étend sur 45 km par 90 km. Ainsi, cette grande fierté africaine, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, détient le titre de plus haute montagne isolée du monde. Une précision s’impose toutefois : ce record exclut les montagnes sous-marines.
Si l’on considère toute la surface solide de la Terre, le titre de plus haute montagne isolée reviendrait au Mauna Kea, à Hawaï. Mesuré depuis sa base, il dépasse même l’Everest, dont l’altitude est de 8 848 m au-dessus du niveau de la mer. La hauteur totale du Mauna Kea atteint 10 203 m. En revanche, selon la méthode de mesure la plus courante, son altitude est de 4 207 m au-dessus du niveau de la mer.
Un autre lien intéressant unit le Kilimandjaro et le Mauna Kea. Plusieurs jours par an, le sommet du volcan hawaïen blanchit sous la neige. En hawaïen, son nom signifie « montagne blanche ». Si l’origine du nom Kilimandjaro demeure mystérieuse, l’hypothèse principale évoque une raison similaire pour l’appellation de « montagne étincelante ».
Fait 5 : le nom de la montagne reste une énigme
La théorie la plus répandue sur l’origine du nom de la montagne affirme qu’il serait composé de 2 mots swahilis signifiant « montagne étincelante ». Cette expression ferait référence à la neige qui brille au sommet sous la lumière du soleil. Pourtant, lorsqu’on examine l’étymologie de plus près, certaines imprécisions apparaissent, ainsi qu’une interprétation parfois forcée. Cela peut s’expliquer par la mauvaise compréhension des langues locales par les explorateurs européens, mais aussi par le fait que les habitants de cette région d’Afrique ne parlent pas seulement le swahili : ils possèdent également leurs propres langues. Dans la Tanzanie actuelle, par exemple, plus de 120 langues sont parlées. Il est donc possible que des mots issus de plusieurs langues, et pas seulement du swahili, aient contribué au nom de la montagne.
Les Chagga, qui habitent traditionnellement les terres situées au sud du Kilimandjaro, parlent la langue chagga. Selon une interprétation du nom Kilimandjaro en chagga, celui-ci serait formé des mots « kilelema » et « njaare », qui, associés, pourraient signifier « impossible pour un oiseau ». Cela ferait probablement référence à la hauteur de la montagne. Cette hypothèse contredit toutefois le fait que les Chagga ne perçoivent pas le Kilimandjaro comme une montagne unique, mais comme 2 montagnes distinctes, chacune portant son propre nom.
En revanche, les noms des 2 sommets, Kibo et Mawenzi, sont beaucoup plus clairs. « Kibo » vient du mot chagga « kipoo », qui signifie « tacheté » et renvoie aux roches sombres mouchetées sur fond de neige blanche. « Mawenzi », quant à lui, vient de « kimawenze » en chagga, signifiant « brisé » ou « dentelé », en référence à la forme extérieure de la montagne et à son sommet accidenté. D’autres versions associent le nom aux mots « léopard » et « caravane » en langue chagga, possiblement en lien avec les marchands d’ivoire et d’esclaves qui voyageaient en caravanes depuis l’intérieur du continent jusqu’à la côte. Ces hypothèses ne concordent cependant pas avec le fait que les Chagga n’ont pas, et n’ont jamais eu, de nom unifié pour la montagne.
Une autre version suggère que la seconde partie du nom remonterait à la langue maasaï. Dans ce cas, les mots « ngaro » ou « ngare », signifiant « eau » ou « source », auraient pu être mal interprétés par les Européens comme « Kilimanjaro ». On a aussi cru que la seconde partie du mot pouvait désigner les esprits habitant la montagne, capables de geler quiconque tenterait de la gravir. Cette croyance semblait toutefois plus répandue parmi les habitants de côtes lointaines que chez ceux vivant au pied de la montagne. Cette version paraît donc, elle aussi, incertaine.
Certains chercheurs ont proposé de ne pas découper le nom de la montagne selon les traditionnels « kilima » et « ndjaro », mais autrement, ouvrant la voie à de nouvelles interprétations. Cela semble toutefois compliquer davantage la question. En définitive, la raison exacte pour laquelle nous l’appelons Kilimandjaro n’a jamais été entièrement éclaircie. Une chose est certaine : l’ascension du Kilimandjaro est potentiellement accessible à toute personne en bonne santé, sans rien exiger d’extraordinaire.
Fait 6 : gravir le Kilimandjaro ne nécessite pas de matériel d’alpinisme
Atteindre le sommet du Kilimandjaro est possible pour toute personne déterminée, en bonne santé et prête à suivre des conseils professionnels. Aucune préparation technique particulière ni capacités physiques exceptionnelles ne sont nécessaires pour participer à l’ascension. Autre bonne nouvelle pour ceux qui envisagent de gravir cette montagne de 5 895 m : vous n’aurez besoin ni de chaussures spécialisées, ni de cordes, ni de piolets, ni d’autre matériel complexe utilisé par les alpinistes sur parois abruptes, glaciers ou arêtes rocheuses. Aucun matériel d’alpinisme n’est requis.
Côté équipement, il vous faut surtout des vêtements adaptés, des chaussures fiables, des bâtons de trekking et quelques effets personnels, comme une gourde isotherme et une pochette étanche pour vos appareils. Si vous partez en trekking avec Altezza Travel et qu’il vous manque du matériel, inutile de vous inquiéter : nous avons ce qu’il faut sur place. Vous pourrez louer chaque article nécessaire dans notre dépôt situé au pied du Kilimandjaro. Vous pouvez consulter à l’avance la liste d’équipement
pour l’expédition sur le « toit de l’Afrique ». Vous verrez qu’elle ne comprend aucun matériel d’alpinisme professionnel.
Cela ne signifie pas pour autant que gravir le Kilimandjaro demande peu d’effort. Cela veut simplement dire que vos chances d’atteindre son sommet sont nettement plus élevées que sur des sommets comme ceux de l’Himalaya, par exemple.
Fait 7 : plus votre itinéraire d’ascension est long, plus vos chances d’atteindre le sommet augmentent
La popularité du Kilimandjaro ne cesse de croître, attirant toujours plus de personnes désireuses de se mesurer à l’une des montagnes les plus célèbres du monde. Chaque année, environ 50 000 personnes se rendent en Tanzanie dans ce but, si l’on exclut les quelques années où les voyages internationaux ont été fortement réduits par la pandémie de COVID-19. Malgré cet afflux de voyageurs, il n’existe pas de données statistiques complètes et récentes sur les taux de réussite des ascensions du Kilimandjaro.
Les différentes entreprises commerciales disposent de leurs propres calculs et, chez Altezza Travel, après 10 ans d’expérience, nous avons réuni nos propres données, ce qui nous permet de tirer une conclusion générale. Les données officielles de l’administration du parc national du Kilimandjaro se limitent à des chiffres vieux de 15 ans. Leur principale faiblesse tient au fait qu’à cette époque, de nombreuses expéditions étaient plus courtes, sur 5 ou 6 jours. Or le facteur majeur qui influence la réussite de l’ascension est sa durée. Plus le groupe passe de temps en montagne, meilleure est l’acclimatation de ses membres, ce qui augmente dans la plupart des cas les chances d’atteindre le sommet. Il faut aussi noter que la durée moyenne des expéditions a augmenté au cours des 15 dernières années.
Si l’on s’appuie sur les chiffres anciens de l’administration du parc national, les taux de réussite sont les suivants :
- 64 % de réussite au sommet pour les voies de 7 jours
- 85 % de réussite au sommet pour les voies de 8 jours
Le taux de réussite des ascensions sur la voie Lemosho en 7 jours, pour les clients d’Altezza Travel, est actuellement de 93,9 %. Vous pouvez vous appuyer sur ce chiffre au moment de nous choisir comme opérateur de montagne et d’opter pour ce programme optimal. Il faut souligner que la voie Lemosho en 7 jours est, dans notre expérience approfondie, celle qui affiche les meilleurs résultats, avec un taux de réussite légèrement supérieur à celui du même itinéraire en 8 jours. Prévoyez donc un nombre de jours adapté pour gravir le Kilimandjaro, sauf si votre objectif est un record de vitesse en skyrunning.
Fait 8 : les ascensions les plus rapides du Kilimandjaro se comptent en heures
Le record actuel de l’ascension la plus rapide jusqu’au sommet du Kilimandjaro est détenu par Karl Egloff, qui a réalisé la montée en 4 heures et 56 minutes en 2014. Il a emprunté la voie Umbwe, évoquée plus haut comme la plus courte et la plus adaptée aux tentatives de record. Le skyrunner est parti par Umbwe puis, au camp Barranco, a bifurqué vers la Western Breach pour rejoindre le sommet par cette section exigeante.
L’un des précédents records appartenait, et appartient peut-être encore, à Simon Mtuy, originaire de Tanzanie, qui a réalisé l’aller-retour complet sur la même voie Umbwe en 9 heures et 19 minutes. Ce qui distingue sa performance, c’est qu’il n’a reçu aucune aide extérieure, portant lui-même son eau, sa nourriture et ses vêtements. Ce record a été établi en 2006.
Pour l’ascension féminine la plus rapide du Kilimandjaro, le record est détenu par Anne-Marie Flammersfeld, de Suisse, qui a atteint le sommet en 8 heures et 32 minutes. Elle a suivi la même voie Umbwe et est descendue par la voie traditionnelle Mweka. Ce record a été établi en 2015, alors qu’elle avait 37 ans. L’âge des randonneurs constitue d’ailleurs une autre catégorie de compétition non officielle sur le Kilimandjaro.
Fait 9 : le Kilimandjaro a été gravi par une femme de 89 ans
En 2015, Anne Lorimor, originaire des États-Unis, a atteint le sommet de la plus haute montagne d’Afrique à l’âge de 85 ans. Son record n’a toutefois tenu que quelques mois : la même année, l’alpiniste russe Angela Vorobyeva, âgée de 86 ans, a atteint le sommet. Angela Vorobyeva a d’ailleurs gravi la montagne avec Altezza Travel, par la voie Lemosho.
En 2017, Fred Distelhorst, des États-Unis, a gravi le Kilimandjaro à 88 ans, établissant un nouveau record et inspirant de nombreuses personnes à s’élancer vers cette montagne enneigée proche de l’équateur.
L’Américaine n’était toutefois pas prête à céder sa place sans réagir : en 2019, elle a réussi à renouveler son exploit. À 89 ans, Anne Lorimor est devenue détentrice d’un nouveau record, toujours valable aujourd’hui. Il faut noter que les 2 Américains ont utilisé de l’oxygène supplémentaire pendant leur poussée vers le sommet, tandis que l’alpiniste russe a accompli son ascension sans assistance respiratoire, ce qui fait d’elle la personne la plus âgée à avoir gravi le Kilimandjaro sans oxygène en bouteille.
En 2027, le centenaire de l’ascension historique de Sheila MacDonald marquera les 100 ans de la première ascension féminine du sommet du Kilimandjaro. Depuis, des milliers de femmes venues du monde entier ont suivi ses traces, et les randonneuses établissent aujourd’hui régulièrement des records de vitesse, d’âge et d’endurance sur la montagne.
Fait 10 : le Kilimandjaro abrite de nombreuses plantes uniques
Autre fait intéressant sur la grande montagne africaine : elle abrite des plantes que l’on ne trouve nulle part ailleurs. La flore du Kilimandjaro est très riche, avec jusqu’à 2 500 espèces végétales. Cette diversité s’explique par plusieurs facteurs : la proximité de l’équateur, l’altitude de la montagne et les vents chauds venus de l’océan Indien.
Plusieurs espèces sont propres à cette région : on les appelle des plantes endémiques. La plus impressionnante est peut-être le Dendrosenecio kilimanjari. Ce séneçon géant possède un tronc puissant et des branches singulières, qui lui valent le surnom de « candélabre géant ». Tous les séneçons apparentés ne poussent qu’en Afrique de l’Est. On compte environ 10 espèces et sous-espèces, chacune avec ses caractéristiques propres, réparties dans différents systèmes montagneux de la région. Il existe par exemple une espèce spécifique aux montagnes du Rwenzori et des Virunga, plusieurs espèces dans la chaîne des Aberdare et au mont Kenya, une espèce sur le mont Elgon et une espèce particulière poussant sur le mont Meru ainsi que dans d’autres zones d’altitude.
Toutes ces espèces avaient un ancêtre commun, mais les plantes ont ensuite réussi, d’une manière encore mal comprise, à se disperser sur différentes montagnes d’Afrique de l’Est et à évoluer indépendamment au sein d’écosystèmes fermés de haute altitude. Elles poussent toutes exclusivement dans la zone afro-alpine, entre environ 2 800 et 4 500 m d’altitude.
Le Dendrosenecio kilimanjari atteint 10 m de hauteur, avec un tronc épais, non ramifié, et une couronne de 30 à 120 rosettes de feuilles au sommet. Les séneçons grandissent de 3 à 5,5 cm par an, ce qui laisse penser que les plus grands spécimens ont environ 250 ans !
La plante stocke l’eau dans sa tige, ce qui lui permet de survivre aux périodes sèches. Les adaptations de ces séneçons à la vie en haute altitude sont fascinantes. Outre leur taille immense, qui leur permet de dépasser les hautes bruyères des prairies afro-alpines d’altitude et de gagner la compétition pour la lumière, ils possèdent d’autres caractéristiques adaptatives. Leurs feuilles peuvent se refermer en bouton nocturne lorsque le froid devient trop intense ; ils accumulent à l’intérieur des fluides polysaccharidiques qui forment des cristaux de glace, jouant le rôle d’antigel naturel ; enfin, les feuilles mortes assurent une isolation thermique du tronc, à la manière de certaines plantes proches des palmiers.
Et pourtant, le fait le plus étonnant au sujet des séneçons géants d’Afrique de l’Est est que toutes les espèces descendent d’un seul ancêtre, apparu sur le Kilimandjaro il y a environ 1 million d’années. Aujourd’hui, la montagne abrite 2 sous-espèces de séneçons géants : Dendrosenecio kilimanjari et Dendrosenecio johnstonii. Toutes les autres espèces descendent du séneçon originel du Kilimandjaro et ont évolué isolément sur d’autres montagnes de la région. Le processus exact qui leur a permis de coloniser des montagnes aussi éloignées du Kilimandjaro demeure un mystère pour les scientifiques.
Si les paysages évoqués dans cet article vous attirent, contactez-nous. Nous vous aidons à planifier une ascension de la plus haute montagne d’Afrique, avec un itinéraire adapté, une équipe expérimentée et un accompagnement attentif jusqu’aux pentes du Kilimandjaro.
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