Nous vous racontons tout ce que nous savons du ratel, aussi appelé blaireau à miel. Est-il vraiment aussi intrépide qu’on le dit ? Nous vous montrons les vidéos les plus célèbres de ratels et partageons le récit de notre rencontre avec ces animaux. Nous expliquons aussi pourquoi, chez Altezza Travel, nous avons choisi de faire figurer le ratel dans notre logo.
Comme on le voit sur la photo, les ratels rappellent un peu les colobes, de superbes primates d’Afrique. L’avant de leur corps est noir, tandis que le dos est blanc. Les colobes font partie des animaux sur lesquels nous avons écrit en vivant près d’eux. Nous avons aussi présenté d’autres habitants des arbres d’Afrique : les damans arboricoles, de petites antilopes regroupées sous le nom de céphalophes, ainsi que les chouchous des hôtes de nos hôtels, les adorables galagos aux grands yeux. Nous avons également consacré un article aux gracieux servals. Bienvenue dans le monde des animaux d’Afrique !
Qui est le ratel ?
- Malgré son surnom de blaireau à miel, il ne se nourrit pas seulement de miel, loin de là. Le ratel est un animal omnivore et incroyablement vorace.
- Il est entré dans le Guinness World Records comme l’animal le plus intrépide.
- Des ratels ont été observés en train d’attaquer des lions et des buffles.
- Ils ne craignent ni les piqûres de scorpion ni les morsures de serpents venimeux.
- Malgré leurs pattes courtes, ils peuvent parcourir des dizaines de kilomètres en une seule journée.
- Si vous regardez le logo de notre site, vous verrez un petit animal sur un losange vert et jaune. C’est le ratel, la mascotte d’Altezza Travel.
Le ratel est un animal terrestre aux pattes courtes, présent dans les forêts, les steppes et les montagnes d’Afrique et d’Asie. Vous avez peut-être déjà entendu son autre nom : blaireau à miel. On l’aperçoit rarement, mais lorsqu’il se montre, on le reconnaît à son pelage laineux gris-blanc sur la tête, le dos et la queue, contrastant avec le noir du museau, des flancs et du bas du corps. Il existe aussi des ratels entièrement noirs, mais ils appartiennent à une seule sous-espèce.
La friandise favorite de cet omnivore est la larve d’abeille, qu’il va chercher en éventrant les ruches. Les hommes ont remarqué ce comportement, d’où son surnom de blaireau à miel. Même s’il mange aussi du miel, ce sont surtout les larves et les nymphes d’abeilles qui l’attirent.
Où vivent les ratels ? On les rencontre presque partout en Afrique subsaharienne, ainsi qu’au Mali, en Mauritanie, au Sahara occidental et au Maroc. Leur aire de répartition asiatique couvre une partie de l’Asie occidentale, au Moyen-Orient, et la péninsule indienne. On reconnaît aujourd’hui environ 12 sous-espèces, dont le ratel de Perse, le ratel du Népal, le ratel indien, le ratel noir, le ratel à dos blanc, le ratel du lac Tchad et le ratel tacheté, entre autres.
La caractéristique la plus célèbre du ratel reste son intrépidité, même face à des adversaires beaucoup plus imposants. Quand un animal massif, comme un buffle, pénètre sur son territoire, ce membre de la famille des mustélidés passe à l’attaque. Un ratel acculé devient extrêmement dangereux. Il défend son territoire avec vigueur : poil hérissé, dents acérées et longues griffes bien visibles, sifflements, grondements et odeur nauséabonde à l’appui. Si l’adversaire ne recule pas, le ratel engage le combat sans hésiter.
Pourquoi les ratels sont-ils si forts, intrépides et agressifs ?
De nombreuses légendes entourent l’extrême intrépidité des ratels. Les amateurs de documentaires animaliers le savent : ils chassent des serpents venimeux, affrontent sans crainte des adversaires plus grands qu’eux et s’en prennent parfois même à des lions, des buffles ou des chevaux. Souvent, ils sortent vainqueurs de ces combats.
Comment est-ce possible ? L’un de leurs secrets tient à leur peau très épaisse. Il est difficile de la transpercer avec des dents ou, par exemple, avec des piquants de porc-épic. Certains la décrivent comme « lâche », pour souligner son élasticité et sa capacité à s’étirer. Un ratel saisi peut ainsi se tordre, se retourner et continuer à attaquer son assaillant. Malgré cette souplesse, la peau reste très dense : selon les habitants, ni les flèches ni les lames de machette ne la percent.
Pour attaquer, les ratels disposent de pattes courtes mais puissantes, armées de longues griffes recourbées. La nature les leur a données pour creuser des terriers, détruire des termitières et ouvrir des ruches. Mais leur tempérament leur permet aussi de s’en servir au combat. Ces pattes robustes les aident à repousser les assaillants, mais aussi à poursuivre une proie longtemps, jusqu’à l’épuisement. Leur capacité à lâcher une « bombe puante » n’est donc pas leur seule arme !
Et le venin des serpents ? Il semble que le ratel possède une forme d’antidote dans son organisme. On sait, par exemple, qu’il chasse des cobras venimeux. Si un cobra mord le ratel avant de mourir, le venin peut provoquer chez lui une sorte de léthargie. Environ 2 heures plus tard, l’animal se réveille, pleinement remis, puis achève tranquillement de manger le cobra tué. Encore faut-il que les crochets du serpent parviennent à l’atteindre et à traverser sa peau.
Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer ce phénomène. Les ratels ne sont pas les seuls animaux capables de neutraliser le venin de serpent : cette faculté existe aussi chez les opossums, les hérissons, les mouffettes, les mangoustes et quelques autres espèces. Chez les mangoustes, par exemple, la composition de certaines protéines dans les cellules musculaires et nerveuses empêche les molécules toxiques de se fixer et de provoquer une paralysie. D’autres animaux possèdent dans le sang des substances qui neutralisent les toxines du venin. Le mécanisme physiologique précis protégeant les ratels reste inconnu.
Un autre moyen de défense consiste à libérer, en situation de danger, un liquide à l’odeur très désagréable. De grosses glandes anales en sont responsables. Cette puanteur peut dissuader non seulement les insectes, comme les abeilles, mais aussi des animaux plus grands croisant la route du ratel. Sur ce point, il rappelle la mouffette.
Parlons enfin des piqûres d’abeilles. Comment les ratels en évitent-ils les conséquences lorsqu’ils pénètrent dans une ruche ? Dans la plupart des cas, leur peau épaisse les rend presque insensibles aux piqûres. Une croyance répandue veut même que les abeilles ne leur fassent aucun mal. Il existe toutefois de rares cas de ratels coincés dans des ruches, soumis à de longues attaques et finissant par succomber à de très nombreuses piqûres.
Le plus souvent, les ratels restent pourtant vivants et presque indemnes. Leur caractère, marqué par le courage et par une défense active qui bascule vite en agressivité, joue un rôle essentiel. Ils ressemblent ici à leur parent de la même famille, le glouton, qui vit dans les latitudes nordiques. Là où le ratel a été observé attaquant des lions et des buffles, le glouton peut parfois affronter des ours de manière comparable.
Vidéo virale : Honey badger don’t care
Vous êtes peut-être déjà tombé sur cette vidéo devenue légendaire du ratel sauvage. Regardez-la à nouveau en sachant ce qui rend cet animal si intrépide. Attention : langage cru !
Mise en ligne sur YouTube en 2011, cette vidéo est devenue extrêmement populaire, dépassant les 100 millions de vues. Les images originales avaient été tournées pour la chaîne National Geographic Wild. Impressionné par le comportement du ratel, Randall a décidé de les doubler en y ajoutant une touche humoristique. La vidéo est vite devenue virale, jusqu’à se transformer en mème Internet. Jamais autant de personnes n’avaient entendu parler du ratel.
Les spectateurs ont apprécié le style de Randall, ce qui a conduit à la publication d’un livre sur les animaux accompagné de ses commentaires, ainsi qu’à plusieurs publicités utilisant sa voix.
Cette vidéo a donné naissance, en anglais, à un nouveau sens argotique de l’expression « honey badger ». On s’est mis à l’utiliser pour désigner des personnes qui se moquent de l’avis des autres, ne se préoccupent pas de ce qu’on pense d’elles et font simplement ce qu’elles veulent.
Régime alimentaire : que mangent les ratels ?
Les ratels sont souvent décrits comme des charognards opportunistes, capables de s’adapter aux circonstances. C’est un autre trait qui les rapproche des gloutons, eux aussi dotés d’un régime très varié.
Il serait peut-être plus simple d’énumérer ce que le ratel ne mange pas. Essayons tout de même de décrire ses habitudes alimentaires et ses proies. Son régime dépend de la saison et de l’abondance des petits animaux à un moment donné. Le ratel est surtout carnivore : il capture et consomme de petits rongeurs, des serpents, des grenouilles et des oiseaux. Il raffole aussi des œufs d’oiseaux, pour lesquels il grimpe facilement aux arbres. Presque tout animal pesant jusqu’à 2 kg, parfois davantage, peut finir dans son estomac. Dans le seul désert du Kalahari méridional, plus de 60 espèces de proies du ratel ont été recensées. Parmi les exemples notables de grandes proies figurent les chats sauvages d’Afrique, les renards du Cap, les otocyons et les lièvres des buissons. Le ratel ouvre aussi sans peine les carapaces de tortues pour atteindre la chair tendre à l’intérieur.
Parmi les serpents dont le ratel se nourrit, on peut citer les vipères heurtantes, les vipères à cornes, les cobras du Cap, les serpents-taupes, les mambas noirs et même les pythons d’Afrique australe. Beaucoup de serpents qu’il consomme sont extrêmement venimeux. Les scorpions, dont le venin ne semble pas davantage l’affecter, s’ajoutent à cette liste.
Regardez comment les ratels affrontent d’autres animaux dans cette vidéo. Elle montre 17 confrontations entre des ratels et différents représentants du règne animal.
Il faut aussi mentionner que les ratels deviennent parfois des voisins indésirables pour les humains, lorsqu’ils s’introduisent dans les poulaillers et tuent un grand nombre d’oiseaux domestiques. Grâce à leurs longues griffes et à leurs talents de fouisseurs, ils creusent des terriers ; avec leurs pattes puissantes, ils démontent facilement des planches épaisses et défont les poulaillers. S’en protéger n’a rien de simple.
Fait intéressant : après avoir capturé une proie, le ratel la consomme entièrement, sans délaisser la peau, les plumes, la fourrure ni les os. Il ne rechigne pas non plus à se nourrir de charognes. Le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock a notamment rapporté, dans son livre, des témoignages venus d’Inde selon lesquels des ratels auraient déterré des restes humains.
Parmi les plus petits animaux qui lui servent de nourriture figurent divers insectes, dont les larves d’abeilles déjà mentionnées, qu’il va chercher en s’introduisant dans les ruches.
Le ratel consomme également des végétaux : racines, bulbes, baies et fruits. C’est ce qui fait de lui un omnivore. On rapporte qu’il mange parfois des fruits non pour leur apport nutritif, mais pour le liquide qu’ils contiennent, surtout dans les régions arides.
Son activité favorite consiste à forcer les ruches, les termitières et les terriers de différents rongeurs. Il entre dans le terrier, bloque la sortie avec ses pattes arrière et élargit le passage avec ses puissantes pattes avant jusqu’à atteindre sa proie. Son odorat est excellent : se cacher de lui dans un terrier ne sert pas à grand-chose.
Qui menace le ratel ?
On considère que les ratels ont très peu d’ennemis naturels, car de nombreux grands prédateurs, connaissant leur tempérament, évitent de s’y frotter. Il existe toutefois des cas où des lions et des léopards ont tué des ratels. Les victimes étaient généralement âgées ou affaiblies. Dans la plupart des situations, un ratel en bonne santé peut repousser des prédateurs. Un cas documenté rapporte même un ratel engagé dans un combat contre 6 lions, avant de s’échapper relativement indemne !
Dans certains cas, les prédateurs du ratel peuvent donc être les hyènes, les léopards, les lions et les crocodiles du Nil. Mais si l’on parle des menaces de manière générale, le seul problème constant reste l’être humain. Des personnes chassent les ratels pour leur viande et utilisent certaines parties de ces animaux robustes dans la médecine traditionnelle. Les populations locales croient parfois que la force et le courage de l’animal se transmettent lorsqu’on obtient une partie de son corps.
Un autre problème vient des apiculteurs, qui posent des pièges pour protéger leurs ruches. Il arrive aussi que des humains empoisonnent des ratels afin de les empêcher de s’approcher des ruches et des poulaillers.
Dans l’ensemble, cela ne représente pas une menace majeure pour l’espèce. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), même si la population globale de ratels diminue, l’espèce n’est pas sérieusement menacée. Son statut de conservation est classé en préoccupation mineure. Son mode de vie discret et l’éloignement de ses habitats par rapport aux zones habitées contribuent largement à sa survie. La biologie de la conservation le classe toutefois comme menacé dans certains habitats particuliers.
Habitat naturel et comportement : où et comment vivent les ratels ?
Les ratels prospèrent dans des zones climatiques variées : steppes, savanes, espaces rocheux, territoires côtiers ouverts, forêts et montagnes. Des observations signalent leur présence jusqu’à 4 000 mètres d’altitude. Les seules zones où on ne les trouve pas sont les forêts tropicales de plaine.
Comme cet animal est très vorace, il passe la majeure partie de son temps à chercher de la nourriture. Les ratels vivent généralement seuls. Ils marquent leur territoire à l’intention des autres mâles et constituent de vastes domaines vitaux, parfois jusqu’à 500 km². En une journée, un mâle peut parcourir jusqu’à 27 km pour trouver de quoi se nourrir.
Bien qu’ils soient solitaires, on peut parfois les voir par deux. Pendant la saison des amours, un mâle et une femelle peuvent chasser ensemble. Observer l’accouplement de ratels est extrêmement rare. La femelle gestante creuse soigneusement une chambre de mise bas et la tapisse d’herbe douce pour le petit à venir. Après une gestation de 7 à 10 semaines, naît un seul petit, rarement deux, sans poils, aveugle, vulnérable, avec une peau rose et délicate.
Il arrive que des mâles forment des groupes de célibataires. On peut aussi observer une femelle avec ses petits. Mais dans la plupart des cas, les ratels chassent seuls. Voir un groupe de plusieurs individus reste une rareté.
Les ratels partent souvent chasser la nuit, mais il est aussi possible de les rencontrer en journée. L’essentiel est de ne pas manquer l’instant. Certains membres de l’équipe Altezza Travel l’ont appris à leurs dépens. Nous étions en safari dans le parc national de Mkomazi. Après une longue journée à parcourir les vastes étendues du parc, les plus fatigués d’entre nous ont voulu se reposer dans la voiture, en fermant les yeux 5 minutes. C’était une erreur. À ce moment précis, un ratel a traversé la piste. « Ratel ! » a lancé le chauffeur avec joie. Mais il était déjà trop tard : l’animal avait disparu aussitôt dans la végétation dense. Ceux qui avaient fermé les yeux ont manqué cette rare occasion d’apercevoir cette créature remarquable. Ils le regrettent encore aujourd’hui.
Comme un vaste domaine vital demande une surveillance constante, le ratel dispose de plusieurs terriers pour se reposer. Il passe donc rarement 2 nuits de suite dans le même abri.
Les abris du ratel
L’habitat typique du ratel comprend un terrier qu’il creuse avec les longues griffes de ses pattes avant. Il s’agit d’une sorte de tunnel pouvant atteindre 3 mètres de long. L’animal peut aussi descendre jusqu’à 1,5 mètre de profondeur. Il lui faut environ 10 minutes pour creuser un tunnel dans un sol compact.
Souvent, le ratel s’empare tout simplement des abris d’autres animaux, en pénétrant dans les terriers déjà creusés d’oryctéropes, de renards, de mangoustes ou de phacochères. Il utilise parfois des termitières abandonnées.
Passer la nuit en terrain rocheux ne lui pose aucun problème. Dans ce cas, il aménage son gîte dans des fissures de rochers. Les cavités d’arbres peuvent aussi servir de lieux de repos. En matière de logement, le ratel est aussi adaptable que dans son alimentation.
Nous connaissons même un ratel qui s’est installé sur le logo d’une compagnie de safari africaine :)
Le ratel dans le logo d’Altezza Travel
Permettez-nous de vous parler un peu de nous, afin de comprendre le lien qui nous unit aux animaux d’Afrique. Nous sommes Altezza Travel, une compagnie basée en Tanzanie, pays d’Afrique de l’Est. La Tanzanie est célèbre pour sa faune sauvage, avec de vastes parcs nationaux où les animaux vivent en liberté.
Nous organisons des safaris dans le Serengeti, le Ngorongoro, le Tarangire, ainsi que dans d’autres parcs nationaux et réserves. Nous aimons accompagner les voyageurs qui souhaitent voir de leurs propres yeux toute la splendeur de la nature africaine. Nous organisons également des expéditions au Kilimandjaro, la plus haute montagne d’Afrique. Le Kilimandjaro comme les parcs nationaux légendaires se trouvent ici, en Tanzanie.
Au moment d’imaginer le logo de la compagnie, nous voulions y faire apparaître un animal d’Afrique intéressant. Nous ne souhaitions pas utiliser des lions, des zèbres ou des girafes, déjà présents sur tant de logos. Il nous fallait autre chose. Nous avons essayé de dessiner un porc-épic et d’autres animaux, mais le ratel fonctionnait le mieux. Cette créature incarne le monde animal de Tanzanie et renvoie au safari. Dans le même temps, son pelage noir et blanc rappelle la cime enneigée du Kilimandjaro et évoque les expéditions en montagne. C’était évident : nous avions trouvé la mascotte idéale pour Altezza Travel.
Il semble qu’avec l’image du ratel sur notre logo, nous ayons un jour attiré un véritable animal. Voici le récit de notre rencontre avec lui.
Comment Altezza Travel a sauvé un ratel
Nous avons une histoire singulière : un jour, nous avons dû sauver un ratel des mains d’agriculteurs et le relâcher dans la nature. Nous savions déjà qu’il fallait rester sur nos gardes avec les ratels, et nous avons préparé l’opération de sauvetage avec toute la prudence nécessaire.
L’incident s’est produit en 2018. Notre bureau se trouve sur le terrain de notre propre hôtel, l’Aishi Machame Hotel, entouré de forêts luxuriantes au pied du Kilimandjaro. Le grand village de Machame se trouve non loin. De nombreux habitants vivent de l’agriculture et du petit élevage.
Un soir, des agriculteurs locaux ont amené un ratel à notre bureau dans un pick-up. L’animal avait été capturé dans le village et ligoté avec des cordes. Il s’était introduit dans un poulailler, où il avait été pris. Les agriculteurs nous ont proposé d’acheter le prédateur attaché. Le commerce d’animaux sauvages est illégal en Tanzanie. Nous avons bien sûr refusé et appelé le ministère des Ressources naturelles et du Tourisme. Le Tanzania Wildlife Research Institute (TAWIRI), placé sous l’autorité du ministère, traite toutes les questions liées aux animaux sauvages qui se retrouvent entre les mains de particuliers.
Les agriculteurs nous ont laissé le ratel simplement parce qu’ils ne voulaient pas avoir affaire à un organisme d’État, au risque de recevoir une amende. Nous nous sommes donc retrouvés soudain responsables d’un animal sauvage et dangereux. Le TAWIRI nous a promis d’envoyer des rangers le lendemain pour nous aider à transporter le ratel jusqu’à un espace naturel et à le relâcher.
Non loin de Machame se trouvent des plantations commerciales de canne à sucre, TPC. L’entreprise sucrière possède une réserve où antilopes, zèbres, porcs-épics et autres animaux vivent dans leur environnement naturel. Nous avons convenu avec la direction de TPC que nous relâcherions le ratel dans leur réserve.
Le lendemain, l’équipe d’Altezza Travel est partie vers la réserve avec les rangers du TAWIRI, sous la supervision d’un vétérinaire spécialisé dans l’aide aux animaux sauvages blessés. Le ratel voyageait avec nous dans une cage sécurisée. Même cela n’a pas vraiment rassuré nos collègues, qui devaient faire le trajet dans la même voiture que lui. Tout le monde avait entendu parler de l’agressivité et de l’intrépidité des ratels ; personne ne voulait donc s’approcher de la cage.
Dans la zone forestière de la réserve, les 2 minivans transportant l’équipe de sauvetage du ratel se sont arrêtés près d’un sentier. Tous les participants ont pris position à bonne distance de la cage. Celle-ci a été descendue au sol, puis la porte a été ouverte avec toutes les précautions nécessaires, à l’aide de bâtons et de cordes. Personne n’osait s’approcher du ratel. Les manipulations ont été effectuées depuis les toits des véhicules, où tout le monde était monté.
Enfin, le ratel est sorti prudemment de la cage, puis a filé assez vite dans la forêt. Les membres du groupe de sauvetage ont poussé un soupir de soulagement. Le ratel n’a attaqué personne et n’a mis personne en pièces. Blague à part, tout le monde était vraiment nerveux. L’opération de sauvetage de l’animal mascotte d’Altezza Travel était réussie. Le ratel était libre.
Un ratel filmé par piège photographique dans la forêt du Kilimandjaro
En 2022, profitant de notre proximité avec la forêt du Kilimandjaro, nous avons installé plusieurs pièges photographiques dans la zone forestière de la montagne afin de comprendre quels animaux y vivent aujourd’hui. Plusieurs habitants de la forêt ont été photographiés, dont le rare céphalophe d’Abbott, ainsi que plusieurs ratels.
La photographie montre un groupe de 3 ratels traversant la forêt de nuit. Comme nous l’avons mentionné plus haut, ces animaux chassent généralement seuls. Ce trio semble être un groupe de mâles célibataires ou une famille restant ensemble.
Cette chance nous a enthousiasmés. Photographier 3 ratels adultes dans un seul cadre, en pleine nature, est assez rare. Nous y sommes parvenus. Altezza Travel, qui utilise le ratel comme symbole de marque, semble décidément avoir de la chance avec ces animaux.
Où peut-on encore rencontrer un ratel ?
Nous étions curieux de savoir qui d’autre utilise l’image du ratel pour se représenter. Sans surprise, elle est populaire dans le monde du sport. Les athlètes sont manifestement attirés par son intrépidité et sa ténacité.
Au Canada, une équipe professionnelle de basket-ball appelée les Brampton Honey Badgers évolue dans la Canadian Elite Basketball League. L’équipe n’a pas seulement adopté le nom de l’animal : elle met aussi le ratel en avant dans son identité visuelle. Fait notable, les joueurs de Brampton sont devenus champions de la ligue élite en 2022. La « magie du ratel » y est sans doute pour quelque chose. Il est pourtant intéressant de rappeler que les ratels ne vivent pas naturellement au Canada.
Parmi les sportifs les plus connus à avoir reçu le surnom de « Honey Badger » figurent le joueur de rugby australien Nick Cummins, le pilote automobile australien Daniel Ricciardo, le joueur de hockey canadien Brad Marchand et le joueur de football américain canadien Tyrann Mathieu. Nick Cummins a expliqué s’être inspiré du tempérament féroce du ratel et avoir tenté d’imiter ses stratégies en défense difficile. Lorsque quelqu’un le dépassait sur la piste, le pilote de Formule 1 Daniel Ricciardo reprenait à sa manière le style agressif de l’animal. Tyrann Mathieu a reçu ce surnom à la fois pour son jeu tenace au football américain et pour sa coiffure en début de carrière, qui rappelait le manteau gris-blanc de la tête et du dos du ratel.
Une carabine légère américaine appelée AAC Honey Badger, produite de 2011 à 2020, a été nommée d’après le ratel. Elle avait été conçue pour le combat rapproché lors d’opérations militaires spéciales.
Le nom « Honey Badger » a également été donné à une opération militaire américaine prévue en Iran dans les années 1980. L’objectif était de sauver des otages. Un avion cargo innovant a été créé pendant la phase de planification de l’opération et a établi plusieurs records de décollage court lors des essais. Cela était nécessaire pour secourir les otages et l’unité des forces spéciales en toute sécurité. La mission de sauvetage elle-même a été annulée à la suite d’évolutions politiques favorables, et 444 otages américains ont été libérés par la négociation.
Les forces de défense sud-africaines utilisent un véhicule blindé de transport de troupes nommé « Honey Badger » en hommage à cet animal résistant. Le ratel vit en Afrique du Sud, où il a reçu son nom scientifique :
Comment voir des ratels sauvages dans leur habitat naturel ?
Si vous souhaitez voir un ratel vivant, un safari dans l’un des parcs nationaux de Tanzanie est la meilleure option. Il faut toutefois vous prévenir : la probabilité d’en croiser un lors d’un voyage à travers les savanes africaines reste assez faible. Mais elle existe. Et vous aurez de toute façon l’occasion d’observer de nombreux autres animaux d’Afrique, parfois d’une beauté saisissante.
Choisissez l’un des programmes de safari d’Altezza Travel et laissez la nature intacte se révéler à vous. Qui sait : avec un peu de chance, notre symbole vous aidera peut-être à croiser un véritable ratel dans l’immensité des paysages africains.
Questions fréquentes sur les ratels
Pour finir, répondons rapidement à quelques questions fréquentes sur cette étonnante espèce de mammifère.
Le ratel est-il agressif ?
Oui, le ratel peut se montrer agressif envers de grands mammifères et d’autres animaux, mais il évite généralement les humains tant qu’il ne se sent pas menacé.
Pourquoi le ratel est-il si résistant ?
Sa peau épaisse et souple, ses pattes puissantes, son corps aplati et sa résistance au venin rendent le ratel incroyablement robuste. Sa capacité à lâcher une « bombe puante » suffit en plus à faire reculer bien des adversaires.
Pourquoi les ratels sont-ils intrépides ?
L’intrépidité du ratel vient d’une combinaison de facteurs : peau épaisse, griffes puissantes et absence de nombreux prédateurs naturels.
Peut-on caresser un ratel sans danger ?
Non, caresser un ratel n’est jamais sans danger. C’est un animal sauvage, doté de griffes et de dents puissantes. En garder un comme animal de compagnie n’est pas une bonne idée non plus.
Les ratels mangent-ils seulement du miel ?
Même si le miel fait partie de leur alimentation, les ratels sont en réalité omnivores : ils consomment divers insectes, de petits animaux et des fruits.
Quels autres animaux sont apparentés aux ratels ?
De nombreux petits mammifères sont apparentés aux ratels : par exemple les mangoustes jaunes, les blaireaux-furets, les mouffettes, les loutres, les gloutons et d’autres blaireaux. On trouve aussi les grisons, originaires d’Amérique du Sud, ainsi que d’autres espèces de la famille des mustélidés.
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