La Tanzanie compte parmi les pays africains les plus divers sur les plans culturel, religieux et ethnique. On y trouve de nombreuses communautés religieuses, des grandes confessions comme le christianisme et l’islam aux croyances locales et aux groupes minoritaires. Dans cet article, les spécialistes d’Altezza Travel présentent le paysage religieux de la Tanzanie.
Existe-t-il une liberté de religion en Tanzanie ?
Il faut d’abord rappeler que la Tanzanie est un État laïque. La liberté de conscience et de croyance religieuse, ainsi que l’absence de discrimination fondée sur la religion, sont garanties par la Constitution et par le gouvernement du pays. La Tanzanie est considérée comme l’un des pays les plus multinationaux et multiculturels d’Afrique : elle abrite environ 150 communautés ethniques et tribus différentes, chacune avec ses propres coutumes culturelles et religieuses.
Selon les enquêtes, près des deux tiers de la population sont chrétiens, tandis que les musulmans occupent la deuxième place, et la première dans l’archipel de Zanzibar. Les autres groupes religieux et les adeptes des croyances africaines traditionnelles se partagent la troisième place. Dans le même temps, l’appartenance à une religion donnée n’exclut pas la croyance en la magie, la sorcellerie et les rituels.
Quelle est la religion principale en Tanzanie ?
La majorité de la population tanzanienne est chrétienne : les chrétiens représentent 63 %. La plupart sont catholiques, mais le pays compte aussi des communautés luthériennes, anglicanes, orthodoxes et d’autres confessions.
L’islam est la deuxième religion la plus répandue en Tanzanie. Les musulmans représentent un tiers de la population. L’archipel semi-autonome de Zanzibar, composé de plusieurs grandes îles, est musulman à 99 %.
La Tanzanie compte également de plus petits groupes religieux : adeptes du bouddhisme, du judaïsme, de l’hindouisme, du sikhisme, de la foi bahá’íe, de l’animisme et de croyances religieuses mixtes.
Environ 2 % de la population tanzanienne suit des religions, rituels et traditions africains traditionnels, variables selon les régions et les groupes ethniques, souvent mêlés à d’autres enseignements religieux. La plupart reposent sur la croyance en des esprits habitant des éléments naturels et sur le culte des ancêtres. Les légendes qui fondent ces croyances influencent souvent le mode de vie et les activités de leurs adeptes.
Par ailleurs, de nombreux Tanzaniens croient à la magie et à la sorcellerie. En cas de maladie, de catastrophe naturelle ou d’autres difficultés, ils se tournent souvent vers des chamans, devins et herboristes traditionnels africains. Certains habitants croient aux malédictions et au mauvais œil, et recourent donc à des rituels, cérémonies et totems protecteurs.
Outre les jours fériés nationaux, la Tanzanie célèbre des fêtes religieuses musulmanes, chrétiennes, bouddhistes et hindoues.
En pourcentage, selon les données du Pew Research Center, la répartition religieuse en Tanzanie se présente ainsi :
- Chrétiens – 63 %
- Musulmans – 34 %
- Autres religions et personnes n’ayant pas participé à l’enquête – 1,9 %
- Croyances locales – 1,1 %
Le christianisme en Tanzanie
En pourcentage, le christianisme est la première religion de Tanzanie : selon une enquête du Pew Research Center menée en 2020, 63 % de la population est chrétienne.
Le christianisme arrive en Tanzanie à la fin du XVᵉ siècle avec des moines augustins venus sur le continent aux côtés de l’explorateur portugais . Si les missions catholiques progressent activement vers l’intérieur du pays et s’implantent dans plusieurs localités, elles ne parviennent pas à maintenir leur influence en Tanzanie pendant la domination des Arabes omanais. Les catholiques ne reviennent dans le pays qu’à la fin du XIXᵉ siècle. À cette période, de nombreux Tanzaniens jusque-là peu familiers des enseignements chrétiens adoptent progressivement cette religion, qui se diffuse sur l’ensemble du continent tanzanien. Au XXᵉ siècle, la communauté chrétienne s’est considérablement développée et, dans les années 1960, le premier cardinal africain, Laurean Rugambwa, est issu de la communauté catholique tanzanienne.
L’immense majorité des chrétiens de Tanzanie sont catholiques, surtout parmi les habitants de la partie continentale. Selon les enquêtes, la deuxième confession chrétienne la plus importante est le luthéranisme. La population chrétienne comprend aussi des anglicans, des membres de courants pentecôtistes, des orthodoxes, des adventistes du septième jour, des fidèles de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et des témoins de Jéhovah.
L’islam en Tanzanie
L’islam est la deuxième religion de Tanzanie par le nombre de fidèles. Selon la même enquête du Pew Research Center de 2020, les musulmans représentent 34 % de la population tanzanienne.
On estime que l’islam s’est diffusé en Tanzanie principalement par les échanges commerciaux sur la côte est-africaine, plutôt que par des conquêtes et une expansion territoriale comme ce fut en partie le cas en Afrique de l’Ouest. Il est ainsi resté longtemps un phénomène surtout côtier. Les marchands arrivant sur le territoire de l’actuelle Tanzanie épousaient des habitantes locales et introduisaient peu à peu leur culture, leur langue et leur religion, qui se mêlaient aux coutumes locales.
Le plus ancien témoignage archéologique de la présence de l’islam en Tanzanie est la mosquée de Kizimkazi, située dans le village de Dimbani. Elle conserve une inscription coufique datée de 1107. L’islam se répand largement sur le continent tanzanien sous la domination des Arabes omanais au milieu du XIXᵉ siècle. En 1969, le Conseil national musulman de Tanzanie est créé afin d’encadrer les affaires musulmanes et d’élire un .
La majorité de la population musulmane de Tanzanie est sunnite, mais il existe aussi des communautés musulmanes minoritaires, notamment ismaéliennes, chiites duodécimaines et ibadites. Des représentants de la communauté musulmane ahmadie vivent également en Tanzanie. Ce mouvement religieux s’est diffusé sur le continent africain grâce au militant indien Mirza Ghulam Ahmad au début du XIXᵉ siècle. Selon les estimations, environ 1 000 musulmans ahmadis résident aujourd’hui dans le pays.
Religion à Zanzibar : Zanzibar est-il musulman ?
La République unie de Tanzanie, nom officiel de l’État, se divise entre le continent et l’archipel insulaire. Ce dernier comprend plusieurs grandes îles de l’océan Indien : Pemba, Mafia, Unguja, mieux connue sous le nom de Zanzibar, ainsi que de nombreuses autres. Ensemble, elles forment l’, une région semi-autonome faisant partie de la Tanzanie.
Contrairement au continent, l’immense majorité de la population insulaire suit les enseignements de l’islam. Selon un rapport du Pew Research Center publié en 2020, 99 % des habitants de l’archipel sont musulmans. Les enquêtes indiquent que les deux tiers des musulmans de l’île sont sunnites. On y trouve également plusieurs groupes chiites, principalement d’origine asiatique.
Une différence importante entre la partie insulaire et le continent tient au fait que Zanzibar, bien que formellement soumis à la Constitution tanzanienne, possède son propre président, son système judiciaire et son organe législatif. Les musulmans de Zanzibar peuvent s’adresser à un tribunal religieux, fondé sur la charia, pour les questions de divorce, de garde d’enfants, d’héritage et autres sujets relevant du droit islamique. Les décisions de ces tribunaux peuvent faire l’objet d’un recours devant une juridiction supérieure, composée du président de la Cour suprême de Zanzibar et de cinq cheikhs. Le cadi en chef, juge de la charia, est nommé par le président de Zanzibar.
Pour les visiteurs, le fait que Zanzibar soit musulman à 99 % implique de tenir compte de certaines restrictions, notamment pendant le mois sacré du Ramadan. Durant cette période, par exemple, des restaurants locaux et des épiceries peuvent être fermés. D’autres règles s’appliquent toute l’année : comme dans de nombreux pays musulmans, les tenues trop découvertes sont interdites dans les lieux publics, notamment lorsqu’elles laissent apparaître les genoux, les épaules ou le nombril. Le non-respect de ces règles peut entraîner des amendes, même si les hôtels et les plages sont considérés comme des zones neutres.
Voici quelques autres restrictions à garder à l’esprit lors d’un séjour à Zanzibar :
- La consommation d’alcool dans les lieux publics est interdite, tout comme le fait de s’y trouver en état d’ivresse. Par ailleurs, les boissons alcoolisées ne sont pas vendues dans les commerces locaux : elles ne peuvent être achetées que dans des points de vente spécialisés.
- La photographie est interdite dans les mosquées et autres lieux religieux. Il est également recommandé de faire preuve de prudence lorsque l’on photographie des habitants : pour éviter tout malentendu, mieux vaut demander l’autorisation au préalable.
- Les démonstrations d’affection trop marquées en public peuvent aussi être perçues comme un manque de respect envers la culture islamique. Il est donc conseillé aux visiteurs d’observer les usages locaux dans les espaces publics.
Autres religions en Tanzanie
Outre les fidèles des deux religions les plus représentées, la Tanzanie abrite aussi des bouddhistes, des juifs, des hindous, des sikhs, des bahá’ís et des représentants de croyances religieuses mixtes. Les enquêtes estiment la part de ces autres confessions à environ 1,6 %.
Croyances locales et sorcellerie en Tanzanie
Les croyances traditionnelles des peuples autochtones d’Afrique occupent une place particulière dans le paysage religieux tanzanien. Comme indiqué plus haut, le pays est connu pour sa grande diversité culturelle et ethnique : environ 150 groupes ethniques différents vivent à l’intérieur de ses frontières, chacun avec ses propres coutumes, croyances traditionnelles et rituels.
Parmi les traits communs des croyances locales figurent la reconnaissance d’un être suprême et celle d’esprits qui, selon les adeptes, habitent des éléments naturels tels que les arbres ou les pierres. Le culte des ancêtres fait partie intégrante de la foi traditionnelle : les descendants expriment leur gratitude pour la vie, la nourriture, l’eau, des conditions de travail favorables, la santé et les enfants. Il n’existe toutefois pas de traditions unifiées dans les religions locales : elles varient selon la région et le groupe ethnique.
Religion du peuple chaga
Les environs et les pentes du , l’une des principales attractions de Tanzanie et un lieu d’expéditions d’ascension, sont habités depuis des siècles par les clans de la tribu chaga, un peuple bantou qui constitue le troisième groupe ethnique du pays. La plupart de ses membres pratiquent le christianisme, principalement le catholicisme ; une minorité pratique l’islam sunnite, des croyances religieuses mixtes ou la religion traditionnelle chaga, qui présente certaines similitudes avec le christianisme et comprend des éléments de culte des ancêtres ainsi que la croyance au dieu solaire Ruwa.
De nombreux Chaga associent par ailleurs le respect des canons religieux à la croyance en la magie et en la sorcellerie. La tribu possède par exemple une plante sacrée, Dracaena fragrans, utilisée dans de nombreux rituels : les hommes fabriquent des anneaux avec ses feuilles, puis les jettent aux pieds de la femme aimée en symbole de demande en mariage. La plante est aussi déposée sur les tombes des parents défunts en signe de respect, et offerte comme symbole de réconciliation. Ses feuilles servent en outre à entourer des arbres coupés, afin de présenter des excuses à la personne qui les avait plantés et d’éloigner le malheur.
Religion du peuple sukuma
Les membres du , également présents dans les grandes villes tanzaniennes, expriment leur respect des ancêtres d’une manière particulière. Lorsqu’un parent meurt, les membres de la tribu honorent sa mémoire par des prières et des offrandes spécifiques : lwanga, une bière de millet, et bouse de vache.
De nombreux Tanzaniens donnent à leurs enfants un second prénom en l’honneur d’une grand-mère ou d’un grand-père, en plus d’un prénom chrétien ou musulman. Cette tradition traduit un lien avec le monde des esprits : un tel geste de respect envers les ancêtres est censé protéger l’enfant et le préserver des maladies.
Certains membres du peuple nyamwezi se définissent comme musulmans, mais suivent en pratique un système de croyances mêlé : ils respectent les piliers de l’islam tout en entretenant, avec déférence, un rapport au monde des esprits par l’intermédiaire de sorciers et de magiciens. Les membres de la tribu maasaï, par exemple, ne croient pas à une vie après la mort et conservent une croyance traditionnelle en Ngai, dieu de la pluie, du tonnerre et de la foudre.
Religion et culture tanzaniennes sont liées
La religion en Tanzanie est étroitement liée à la culture du pays. Le peuple makonde, par exemple, est réputé pour son talent exceptionnel dans la sculpture sur bois, et les figurines féminines en bois sont utilisées comme talismans. Une légende makonde raconte que l’histoire de la tribu commence avec l’ancêtre des hommes, une créature qui n’était ni humaine ni animale. Errant sur la terre, lasse un soir de sa solitude, elle transforma un arbre abattu en une figure à son image. Le lendemain matin, lorsque les rayons du soleil touchèrent le bois, la figure prit vie et devint une belle femme, qui devint l’épouse de la créature. Ensemble, ils parcoururent le monde ; ce n’est qu’après leur installation sur les hautes terres d’Afrique de l’Est qu’ils eurent un descendant, le premier enfant des Makonde.
Magie et sorcellerie en Tanzanie
En Tanzanie, la magie coexiste souvent paisiblement avec la religion. Les représentants de n’importe quelle confession peuvent associer des croyances chrétiennes, musulmanes ou autres à l’idée que voler la poule d’un voisin entraînera une rétribution magique sous forme de troubles digestifs. Beaucoup de croyants consultent aussi des devins et des chamans en cas de maladie ou d’autres difficultés. Une étude menée par le Pew Research Center indique que 60 % des Tanzaniens interrogés pensent que les offrandes aux ancêtres ou aux esprits peuvent les protéger du danger, et que de nombreux chrétiens et musulmans intègrent des éléments de croyances africaines traditionnelles dans leur pratique religieuse quotidienne.
Le professeur Joachim Mwami, de l’université de Dar es Salaam, souligne que le travail des guérisseurs traditionnels africains se fait généralement sans paiement, et que les services magiques facturés sont souvent le fait d’escrocs cherchant à tirer parti de la croyance des habitants et des visiteurs en la magie et en la puissance des rituels qui l’accompagnent. Il explique que, pendant des siècles, la sorcellerie a constitué pour la population locale l’explication la plus simple à toutes sortes d’événements, comme les maladies des enfants ou les catastrophes naturelles.
Il existe toutefois des exceptions. La docteure Alyssa Crittenden, de l’université de Californie à San Diego, écrit que la plupart des membres de la tribu nomade hadza ne croient ni à la magie ni à des divinités, et ne professent aucune religion. Cette tribu ne choisit ni chefs religieux, ni chamans, ni herboristes, et ses membres ne pratiquent pas la sorcellerie. Les Hadza possèdent pourtant une cosmologie. Ils croient aussi que les représentants d’autres tribus disposent de pouvoirs magiques susceptibles de les menacer de malédictions, de préjudices et d’autres troubles en cas de conflit. La tribu a sa propre légende de descente sur Terre : selon la tradition, les Hadza seraient descendus du ciel par un baobab ou, dans une autre version, par le cou d’une girafe.
Fêtes religieuses en Tanzanie
La Tanzanie étant un pays d’une grande diversité ethnique et religieuse, les jours fériés nationaux s’accompagnent de fêtes liées à différentes religions. Au printemps, par exemple, les chrétiens tanzaniens célèbrent Pâques, tandis que les musulmans du pays observent l’Aïd el-Fitr, la fête musulmane de la rupture du jeûne. La Tanzanie célèbre également l’anniversaire du prophète Mahomet, Maulid, les fêtes hindoues Vaisakhi et Durga Puja, la cérémonie bouddhiste Katina, et beaucoup d’autres.
FAQ
Voici des réponses brèves à quelques questions fréquentes sur la Tanzanie, souvent posées sur Google et d’autres plateformes.
Bien que la Tanzanie ne soit pas considérée comme un pays arabe, ses régions côtières et ses îles, comme Zanzibar et Pemba, portent de fortes influences arabes et persanes. Stone Town, à Zanzibar, fut autrefois la capitale du sultanat d’Oman, signe des liens historiques profonds et de l’empreinte culturelle durable du patrimoine arabe dans la région.
Le christianisme n’est pas seulement légal en Tanzanie : c’est la religion principale du pays, avec environ 63 % de la population se déclarant chrétienne.
La religion principale en Tanzanie est le christianisme. Selon les statistiques du Pew Research Center, environ 63 % de la population s’identifie comme chrétienne. Les régions côtières et Zanzibar abritent toutefois des populations majoritairement musulmanes.
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